Dans un format élargi aux vingt-sept États membres, le sommet de la zone euro fera le point, vendredi 27 octobre, sur la situation macroéconomique actuelle, marquée par un ralentissement de la croissance et une inflation toujours élevée, et sur les progrès réalisés dans la mise en place de l'union des marchés de capitaux et de l'euro numérique, en présence des présidents de la BCE, Christine Lagarde, et de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe.
La réunion, qui débouchera sur une déclaration spécifique, sera l'occasion pour les dirigeants européens de discuter d'enjeux tels que l'inflation, qui reste un enjeu prégnant pour les citoyens européens, la compétitivité de l'UE vis-à-vis de partenaires et concurrents internationaux tels que les États-Unis ou la Chine (voir autre nouvelle).
Il pourrait aussi être question de la réforme du cadre européen de gouvernance économique en cours de négociation au Conseil de l'UE (EUROPE 13273/13) et au Parlement européen (EUROPE 13272/11). Selon un projet de conclusions du Conseil européen daté du 24 octobre, les Vingt-sept inviteront le Conseil à aller de l'avant « afin de finaliser le travail législatif en 2023 ». Dans sa lettre aux dirigeants européens, M. Donohoe souligne l'importance de poursuivre la stratégie de consolidation des finances publiques de façon graduelle, mais déterminée.
UMC. En mars, le sommet de la zone euro avait donné mandat à l'Eurogroupe en format élargi d'identifier, d'ici à mars 2024, les obstacles à l'union des marchés de capitaux (UMC) ainsi que les initiatives permettant de les lever. Effectué en parallèle des initiatives législatives en cours visant à approfondir le marché unique des services financiers (ESAP, Listing Act, investissements de détail...), cet exercice, qui se focalise sur des actions à moyen terme, se décompose en trois phases : élaborer un diagnostic, échanger avec les parties prenantes et négocier les réponses.
Selon nos informations, l'appétence des ministres européens des Finances pour un nouveau chantier législatif est relativement faible. Les discussions déjà menées ont fait ressortir plusieurs enjeux, tels que la facilitation des investissements transfrontaliers, l'éducation financière des investisseurs de détail et la relance de la titrisation. L'objectif n'est pas de trouver dans l'UE un remplaçant à la City londonienne, mais plutôt de mieux mettre en relation les marchés nationaux de capitaux qui ont bâti leurs spécificités.
« Il est impératif de réaliser un véritable marché unique des capitaux au sein de l'UE. Aucun marché national d'un seul État membre n'aurait l'envergure nécessaire pour être compétitif au niveau mondial et il est avantageux pour les petits marchés d'exploiter le marché intégré. Toutefois, la diversité et l'hétérogénéité du niveau de développement des marchés de capitaux dans les États membres soulignent la nécessité d'améliorer également la profondeur du marché au sein des États membres », note M. Donohoe.
Voir la lettre du président de l'Eurogroupe : https://aeur.eu/f/999
Voir le projet de conclusions du Conseil européen daté du 24 octobre: https://aeur.eu/f/99d (Mathieu Bion avec la rédaction)