login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13264
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Balkans occidentaux

Les eurodéputés appellent à durcir le ton à l'égard de Belgrade après les derniers développements dans le nord du Kosovo

Les eurodéputés, réunis en séance plénière, ont débattu, mardi 3 octobre, de la situation entre la Serbie et le Kosovo alors qu’un policier kosovar a été tué, le 24 septembre dernier, par un groupe d’hommes armés serbes dans le nord du pays (EUROPE 13257/21). Une grande partie des eurodéputés a appelé à durcir le ton à l’égard de Belgrade et s’inquiète de l’influence russe dans la région.

« Il y a un accord entre les deux pays, mais il n’y a pas de progrès. Il y a des mesures restrictives contre le Kosovo et peut-être que nous devrions appliquer les mêmes à la Serbie, au vu des derniers événements. Nous devons être cohérents dans nos politiques et nous ne pouvons pas avoir des approches si différentes en fonction de l’État membre qui prend les décisions », a déclaré Tonino Picula (S&D, croate).

« Cet incident nous montre très clairement que les dégâts de la rhétorique nationaliste et haineuse dont Aleksandar Vučić est à l’origine sont énormes. Il y a eu la participation de forces armées serbes lors des attaques, nous sommes passés très près d’un nouveau conflit dans les Balkans », a complété Thomas Waitz (Verts/ALE, autrichien).

L’eurodéputé autrichien a appelé à lancer une commission d’enquête internationale sur le rôle de M. Vučić et - en attendant les conclusions de cette dernière - à suspendre les fonds issus de l’instrument d'aide à la pré-adhésion à l’UE.

Pour d’autres eurodéputés, à l’image d’Andrey Kovatchev (PPE, bulgare), l’important est avant tout d’éviter « toute nouvelle provocation » qui pourrait servir à la Russie - dont l’influence est croissante en Serbie - pour déstabiliser la région. Pour y parvenir, l’eurodéputé bulgare estime que la ‘Force pour le Kosovo’ (KFOR), mise en œuvre par l’OTAN, devrait être renforcée (EUROPE 13261/22). En outre, des négociations de paix devraient être menées pour aboutir à une reconnaissance « pleine et entière » du Kosovo par la Serbie.

« La Serbie doit choisir et être du côté de l’UE ou de la Russie. Il faut un signal très clair. L’influence de la Serbie et de son agenda anti-européen est très dangereuse », a-t-il conclu.

Nouvel appel à la désescalade

Pour d’autres eurodéputés, la Commission européenne n’est pas non plus exempte de tout reproche. « Les événements dramatiques ont confirmé ce que j’avais déjà dit en mai : la Serbie est le principal facteur de déstabilisation au Kosovo et [le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères] Josep Borrell a commis une erreur en ne le disant pas clairement », a jugé Ladislav Ilčić (CRE, croate).

La plupart des groupes politiques ont appelé à la désescalade pour endiguer les tensions (EUROPE 13230/19) afin de relancer le dialogue entre les deux parties et d'aboutir à la mise en œuvre des accords d’Ohrid (EUROPE 13164/31) relatifs la normalisation des rapports entre Belgrade et Pristina.

Le président serbe, Aleksandar Vučić, et le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, s’étaient rencontrés pour la dernière fois le 14 septembre à Bruxelles (EUROPE 13251/4). Aucune avancée n’avait été enregistrée, les approches de Belgrade et Pristina restant profondément éloignées.

À ce titre, l’eudodéputé du groupe Verts/ALE, Thomas Waitz, a profité du débat pour demander au représentant spécial de l'Union européenne pour le dialogue entre Belgrade et Pristina, Miroslav Lajčák, face à l’absence de progrès, de « réfléchir à son propre rôle et, éventuellement, de céder son poste ». (Thomas Mangin)

Sommaire

SOMMET DE GRENADE
AUDITION DES COMMISSAIRES DÉSIGNÉS AU PARLEMENT EUROPÉEN
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
SOCIAL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES