Le président de la République tchèque, Petr Pavel, a mis en garde, mercredi 4 octobre, contre « une fatigue de la guerre » qui pourrait s'installer dans l'Union européenne et affaiblir le soutien de cette dernière à l'Ukraine, en proie à une agression militaire de la Russie depuis février 2022.
« La sécurité de l'Ukraine est notre sécurité. (...) Je demande donc à chacun de poursuivre l'aide par tous les moyens. Si l'Ukraine échoue, nous échouerons, et cet échec nous coûtera encore davantage », a-t-il déclaré lors d'une allocution dans l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg. Selon lui, si le président russe, Vladimir Poutine, qu'il a comparé au « diable », gagne la guerre en Ukraine, il ne s'arrêtera pas à l'Ukraine. Et accepter la paix selon les termes de l'agresseur reviendrait à accepter la capitulation de l'Ukraine et à un reniement des valeurs fondamentales de l'UE.
« La Russie doit être vaincue en Ukraine », a encore tranché l'ancien président du comité militaire de l'OTAN. Il a aussi qualifié d'« impératif le renforcement du pilier européen de l'OTAN » et d'améliorer l'interopérabilité des équipements militaires entre Alliés.
Le président tchèque a souligné les bénéfices de l'adhésion à l'UE des pays d'Europe centrale et orientale, il y a bientôt vingt ans, en termes de transformation politique et économique pour ces pays, mais aussi en renforçant la sécurité du continent. C'est la raison pour laquelle il a considéré l'élargissement aux pays des Balkans occidentaux ainsi qu'à l'Ukraine, à la Moldavie et à la Géorgie comme « un investissement dans la sécurité et la résilience de l'Europe ».
Convaincu que l'UE avait déjà « perdu trop de temps » sur la question de l'élargissement, M. Pavel a souhaité que le Conseil européen prenne, d'ici fin 2023, des « décisions audacieuses ». Selon lui, les débats sur l'avenir de l'UE et l'élargissement sont « liés » et doivent être menés « en parallèle ». À ce titre, le président tchèque a appelé de ses vœux une Union compétitive, plus unie et efficace, plus flexible et proactive, et plus réactive, sans entrer dans les détails.
Enfin, M. Pavel a préconisé une alliance internationale des démocraties qui serait à même de lutter contre des « menaces » globales, comme « le changement climatique et la désinformation ».
Voir le discours de M. Pavel : https://aeur.eu/f/8w2 (Mathieu Bion)