Le commissaire européen slovaque, Maroš Šefčovič, à qui la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a attribué le pilotage du 'Pacte vert européen' (EUROPE 13243/7), et le commissaire européen désigné à l'action climatique, le Néerlandais Wopke Hoekstra (EUROPE 13243/10), ont obtenu, mercredi 4 octobre, le soutien de la commission de l'environnement du Parlement européen (ENVI), les confortant dans leurs fonctions.
Cette approbation survient après que les deux commissaires ont répondu à des questions écrites complémentaires à la suite d'auditions jugées infructueuses la veille (EUROPE 13263/1). La confirmation définitive dépendra d'un vote en plénière prévu jeudi 5 octobre.
À l'issue de la réunion de coordinateurs, qui s'est tenue dans la matinée, le président de la commission ENVI, Pascal Canfin (Renew Europe, français), a annoncé cet aval, déclarant : « Nous avons obtenu une majorité allant du PPE aux Verts, donc sans CRE, ID et La Gauche ».
Un équilibre politique semble ainsi avoir été atteint. En effet, bien que les groupes Parti populaire européen, auquel M. Hoekstra est apparenté, et S&D, qui soutient Maroš Šefčovič, se soient initialement opposés à la nomination du candidat de l'autre famille politique, ils ont finalement choisi la voie du soutien mutuel. La décision des Verts, incertaine, a été favorable, renforçant ainsi la coalition en faveur des deux commissaires candidats.
Devant la presse, Pascal Canfin a confirmé une amélioration significative des réponses fournies par M. Šefčovič, rappelant que, lors de son audition, celui-ci n'avait pas fourni de réponses adéquates à diverses questions, sur le bien-être animal et la pollution par les microplastiques. Désormais, dans ses réponses écrites, M. Šefčovič a précisé le calendrier envisagé pour la présentation de propositions législatives : octobre pour les microplastiques, novembre pour la surveillance des forêts et décembre pour la protection des animaux durant le transport.
Il a aussi abordé les ambitions de l'Union européenne en matière de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, en ciblant une baisse d'au moins 90% d'ici 2040. Et il a mis l'accent sur des mesures proactives pour atteindre ces objectifs, notamment celles du paquet 'Fit for 55' visant une réduction de 57% d'ici 2030.
Par ailleurs, M. Canfin a mentionné la position de M. Šefčovič sur l'indépendance énergétique de l'UE vis-à-vis de la Russie, indiquant que le commissaire maintiendrait une position cohérente à ce sujet dans toutes les capitales de l'UE, y compris à Bratislava. Cette assurance a pu rassurer sur d'éventuelles accointances entre M. Šefčovič et le parti SMER, sorti victorieux des récentes élections slovaques et dont le leader populiste pro-russe, Robert Fico, avait soutenu le commissaire européen.
Wopke Hoekstra, de son côté, a convaincu en s'engageant, par écrit, à agir pour permettre à l'UE de réduire les émissions de CO2 d'au moins 90% d'ici 2040.
En matière de transparence, il a promis de divulguer la liste des missions qu'il a effectuées chez McKinsey, tout en précisant n'avoir jamais collaboré avec des entreprises pétrolières pendant son passage dans cette firme de conseil. L'ancien ministre néerlandais a également évoqué l'importance de la transition énergétique, mentionnant le rôle du nucléaire et d'autres sources d'énergie, tout en se positionnant pour une élimination progressive des subventions aux énergies fossiles.
Peter Liese (PPE, allemand) a salué la décision de la commission ENVI, mettant en avant la complémentarité des deux candidats. Selon lui, M. Hoekstra apportera ses compétences diplomatiques à un moment crucial pour le climat, tandis que M. Šefčovič accentuera la collaboration avec l'industrie. Pour sa part, Tiemo Wölken (S&D, allemand) s'est dit satisfait des clarifications fournies par les deux candidats, tout en soulignant qu'il serait vigilant quant à leurs actions futures, surtout celles de M. Hoekstra.
Le groupe Verts/ALE, bien qu'ayant obtenu des engagements significatifs en matière de climat, est resté divisé. Si le Néerlandais Bas Eickhout s'est félicité de la publication des engagements clés obtenus, les écologistes français prévoient de voter contre les nominations. Les préoccupations de ces derniers portent principalement sur le passé de M. Hoekstra chez Shell et McKinsey et sur son approche perçue comme pro-marché.
Pour les mêmes raisons, le groupe La Gauche s'est également montré critique envers Wopke Hoekstra, affirmant qu'il « représente le lobby des combustibles fossiles ».
Le vote final sur les deux candidatures aura lieu en plénière du PE jeudi 5 octobre.
Voir les réponses écrites des commissaires désignés : https://aeur.eu/f/8w6 ; https://aeur.eu/f/8w7 (Nithya Paquiry)