Le dernier rapport technique du Centre commun de recherche (CCR ou JRC en anglais) sur les résidus de pesticides dans les sols agricoles, publié le 5 juillet dernier, devrait inciter à la prudence quant au renouvellement de l'autorisation du glyphosate, a estimé l'eurodéputé Martin Haüsling (Verts/ALE, allemand), jeudi 28 septembre.
Celui qui est à la fois membre de la commission de l'agriculture (AGRI) et de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen s'insurge contre cette proposition de la Commission (EUROPE 13254/1).
Dans un communiqué, il rappelle que, selon le rapport du CCR, les trois quarts des échantillons de sol analysés pour 118 substances sur près de 3 500 sites contenaient des résidus de pesticides. La majorité des échantillons (57,1% au total) contenaient au moins deux résidus différents et, parmi ceux-ci, 29,8% contenaient au total plus de cinq résidus différents.
« On sait que l'effet antibiotique du glyphosate est particulièrement problématique pour les organismes du sol : il nuit non seulement aux vers de terre, mais aussi aux bactéries et aux champignons, ou entraîne l'apparition de germes résistants, dont font partie les pathogènes humains, qui peuvent provoquer des maladies dans l'organisme humain », a-t-il expliqué.
Et d'ajouter : « La Commission semble ne pas vouloir entendre le cri d'alarme sur les pesticides lancé par sa propre institution. Il est scandaleux qu'elle ne prenne pas au sérieux les résultats de son propre service scientifique ».
Rappelons qu'une proposition de directive sur la surveillance et la résilience des sols est sur la table du Parlement européen et du Conseil dans le cadre de la stratégie de l'UE pour la biodiversité (EUROPE 13216/4, 13252/4) et que la Commission vient d'annoncer un financement de 90 millions d'euros à des projets de recherche et d'innovation pour la santé des sols (EUROPE 13257/32).
Voir le rapport du CCR (en anglais) : https://aeur.eu/f/8si (Aminata Niang)