Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a annoncé que son pays ne s’alignerait sur la position de l’UE dans le cadre du dialogue entre Belgrade et Pristina que si une nouvelle proposition de la Commission prenant en compte l’attaque terroriste survenue dans le nord du Kosovo le 24 septembre (EUROPE 13257/21) était présentée.
« Il nous est impossible de nous aligner sur l'Union européenne sans voir une deuxième déclaration qui aborde le problème de ces derniers jours, où un développement dramatique s'est produit après qu'un policier de la République du Kosovo a été tué par un groupe criminel qui avait clairement reçu l'ordre de terroriser le nord du Kosovo, et qui a été suivi par la déclaration d'une journée de deuil national à Belgrade », a-t-il déclaré.
Edi Rama a estimé que la proposition présentée au Premier ministre kosovar, Albin Kurti, et au Président serbe, Aleksandar Vučić, le 14 septembre (EUROPE 13251/4) n’était pas mauvaise, mais qu’elle devait être réévaluée au vu des récents développements.
« Tant qu’il n’y aura pas de deuxième déclaration de l’Union européenne, nous ne nous alignerons pas. C'est le moment de condamner haut et fort ce qui s'est passé dans le nord du Kosovo », a ajouté M. Rama.
La dernière rencontre entre les dirigeants serbe et kosovar, à la mi-septembre, s'était avérée infructueuse. Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, avait proposé une solution en 13 points devant mener, à terme, au lancement des négociations sur l'accord juridiquement contraignant sur la normalisation globale des relations entre les deux pays.
M. Vučić, pour qui la priorité portait sur l’établissement de l’Association des municipalités serbes au Kosovo, s’était dit prêt à accepter le document proposé par l’UE. En revanche, cela n’avait pas convaincu M. Kurti, qui avait refusé de s’engager sur cette base. Pour lui, les questions politiques, telles que la reconnaissance des documents respectifs et autres symboles nationaux, devaient être réglées en premier. (Thomas Mangin)