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Bulletin Quotidien Europe N° 13249
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Agriculture

Janusz Wojciechowski défend devant le PE la prorogation des restrictions aux importations de céréales ukrainiennes

Alors que la Commission européenne a débattu, mercredi 13 septembre, des solutions pour faciliter le flux des exportations ukrainiennes de céréales, Janusz Wojciechowski, le commissaire européen à l’Agriculture, avait défendu la veille, devant l’hémicycle du Parlement européen, ses idées en faveur de la prorogation des restrictions aux importations de ces céréales.

Il a réitéré sa proposition, controversée, en faveur d’une aide aux Ukrainiens pour le transport de céréales.

L’agression criminelle de la Russie vis-à-vis de l’Ukraine a entraîné « des bouleversements sur les marchés alimentaires mondiaux », a lancé le commissaire, qui a ajouté que la Russie utilisait la nourriture comme une arme et attaquait les infrastructures et les centres logistiques ukrainiens destinés à l’exportation des céréales.

Prorogation des restrictions. M. Wojciechowski a estimé que les interdictions d’importation de céréales ukrainiennes sur le sol des 5 pays de l’UE proches de l’Ukraine ont permis de stabiliser le marché et n’ont pas limité les exportations de ces céréales ukrainiennes via les ‘couloirs de solidarité’. D’où le besoin de proroger ces restrictions, selon le commissaire. En outre, ces mesures de sauvegarde ont permis de stabiliser les prix et de mettre un terme à la spéculation. « Ne réduisons pas tous ces efforts à néant, il faut revoir notre attitude concernant ces exportations ukrainiennes. Sinon, ce sera le chaos et le retour à des décisions unilatérales », a mis en garde le commissaire, en référence aux annonces de la Pologne dans ce sens (EUROPE 13248/28).

Depuis avril, l’UE a autorisé cinq États membres (la Pologne, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie) à interdire la commercialisation de blé, de maïs, de colza et de tournesol ukrainiens sur leur territoire, à condition qu'ils n'empêchent pas le transit de ces produits vers d'autres pays.

Plusieurs eurodéputés ont soutenu cette prorogation des restrictions, notamment Daniel Buda (PPE, roumain) ou encore Beata Szydło (CRE, polonaise), qui estime que « nous ne pourrons pas ouvrir nos frontières » aux céréales de l'Ukraine. Marek Belka (S&D, polonais) a reproché au commissaire de s’être « réveillé trop tard ». Dacian Cioloș (Renew Europe, roumain), quant à lui, a conseillé à la Commission de désigner une personne mandatée pour suivre les exportations ukrainiennes de céréales qui transitent par l’UE et de prendre des décisions pour réduire l’impact sur les marchés locaux des pays de l’UE limitrophes de l’Ukraine.

Couloirs de solidarité. Entre mai 2022 et juillet 2023, l'Ukraine a exporté 44,4 millions de tonnes de céréales et d’oléagineux via les territoires de ces cinq pays, a précisé le commissaire. Avant les mesures d’interdiction, les volumes étaient de 34,8 millions de tonnes. Les restrictions ont donc été efficaces et ont permis la stabilisation des marchés dans ces cinq États membres de l’UE. « Elles ont aussi permis d’augmenter les exportations de l’Ukraine par ces corridors de solidarité, c’est donc le principal argument en faveur de la prorogation de ces mesures préventives. C’est toujours ce que j’ai défendu », a renchéri le commissaire.

Toujours entre mai 2022 et juillet 2023, les couloirs de solidarité ont permis à l’Ukraine d’exporter près de 88 millions de tonnes de marchandises pour un montant de 35 milliards d’euros. 35 millions de tonnes étaient des céréales, des oléagineux et des produits dérivés. Janusz Wojciechowski a précisé qu'en 2023/2024, l’Ukraine allait exporter 54 millions de tonnes de céréales.

Aide au transit. Le transit, par exemple via la Pologne, ne pose pas de problème d’infrastructures, c’est un problème de coût, selon le commissaire. C’est pourquoi M. Wojciechowski a fait la proposition, discutée au sein de la plateforme de coordination, pour compenser les coûts supplémentaires des exportations de blé ukrainien. Des coûts qui, selon les calculs de Kiev, se situent entre 20 et 30 euros par tonne (EUROPE 13240/2). Ces coûts supplémentaires sont nécessaires aussi pour diversifier les routes de transit en utilisant les ports de l'Adriatique ou de la Baltique.

Le commissaire a souligné que les coûts logistiques sur la voie du Danube ont diminué de 50% entre juillet 2022 et mars 2023. « Nous espérons que ces efforts permettront d’avoir une capacité de 3 millions de tonnes par mois et jusqu’à 4 millions de tonnes par mois d’ici fin 2023 », a-t-il précisé. Il a également rappelé les efforts pour créer un meilleur flux entre la Roumanie et la Moldavie et l’Ukraine et pour développer les voies qui amènent à la mer Baltique et à la mer Adriatique. (Lionel Changeur)

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