La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté sur l’élargissement de l’Union européenne, mercredi 13 septembre, au moment de conclure son discours sur l’état de l’Union.
« L’Histoire nous appelle à œuvrer afin de compléter notre Union. (…) Il est clairement dans l’intérêt stratégique et sécuritaire de l’Europe de compléter notre Union », a-t-elle souligné, jugeant nécessaire de définir une vision pour mener à bien l’élargissement de l’UE.
Contrairement au président du Conseil européen, Charles Michel, Mme von der Leyen n’a fixé aucune date pour l'élargissement de l'UE (EUROPE 13237/8), pas plus qu'elle n'a précisé le nombre de pays concernés par l’adhésion, se limitant à mentionner une Union à « 30 ou plus » États membres.
Rappelant que l’État de droit et les droits fondamentaux « formeront toujours le socle » de l’Union, Mme von der Leyen a annoncé que les rapports annuels sur l’État de droit, qui concernent actuellement uniquement les États membres, allaient être étendus aux pays en voie d’adhésion.
Et qui dit élargissement dit nécessité pour l’UE de se réformer. « Il est temps à présent de nous élever à la hauteur de (la) détermination (des pays candidats). Cela signifie qu’il faut réfléchir à la manière de nous préparer à former une Union complète », a estimé la présidente. Ainsi, il faut, selon elle, dépasser les « vieux débats simplistes » et à la fois approfondir l’intégration de l'Union et l'élargir. « Chaque vague d’élargissement s’est accompagnée d’un approfondissement politique », a rappelé Mme von der Leyen, estimant que le prochain élargissement devait également être un « catalyseur de progrès ».
Si elle a estimé que réformer l’UE passera par une Convention européenne et une modification des traités, « si et lorsque ce sera nécessaire », la présidente a jugé qu’il ne fallait pas attendre de modifier les traités pour avancer.
« Nous pouvons adapter plus rapidement que cela notre Union en vue de son élargissement. Cela implique de répondre à des questions concrètes sur le fonctionnement pratique d’une Union de plus de 30 pays. Et en particulier sur notre capacité d’action », a-t-elle expliqué. Ainsi, selon elle, il est nécessaire d’examiner « de plus près » les politiques de l’UE « une par une et comprendre comment chacune serait affectée par l’élargissement de l’Union ».
Mme von der Leyen a annoncé que la Commission allait commencer à travailler sur une série de réexamens pré-élargissement des politiques afin de déterminer si et comment chaque domaine politique devait être adapté en vue d’un élargissement de l’Union. Selon la présidente, il faut en outre réfléchir au futur fonctionnement des institutions européennes, à l’avenir du budget de l’UE et à des engagements crédibles en matière de sécurité.
Lors du débat, plusieurs eurodéputés ont plaidé pour la fin du vote à l’unanimité des États membres au Conseil, mais une telle évolution n’a pas été mentionnée par la présidente.
Mme von der Leyen a annoncé qu’elle présenterait les idées de la Commission aux dirigeants de l’UE en 2024, sous Présidence belge du Conseil.
Voir le discours de Mme von der Leyen : https://aeur.eu/f/8is
Voir la lettre d’intention de la Commission : https://aeur.eu/f/8iu (Camille-Cerise Gessant)