À l’exception des eurodéputés des groupes Verts/ALE et La Gauche, le Parlement européen a majoritairement salué, mercredi 13 septembre à Strasbourg, l’annonce de nouvelles initiatives en vue de modifier le statut de protection du loup au sein de l’UE. Au nom de la Commission européenne, Mairead McGuinness, la commissaire européenne aux Services financiers, a confirmé que, sur la base de l'analyse de toutes les données recueillies, la Commission « tirera des conclusions sur la situation du loup dans l'UE. Nous déciderons alors d'une proposition visant à modifier, le cas échéant, le statut de protection du loup au sein de l'UE et à mettre à jour le cadre juridique afin d'introduire, si nécessaire, une flexibilité supplémentaire à la lumière des informations que nous aurons recueillies ».
Le retour des loups dans des régions de l'UE où ils sont absents depuis longtemps et la croissance des populations de loups dans de nouvelles zones « est un sujet délicat », a admis Mairead McGuinness. Elle a rappelé l'existence de « conflits avec les communautés locales et les agriculteurs. C'est notamment le cas lorsque les mesures visant à prévenir les attaques sur le bétail ne sont pas largement mises en œuvre ».
Le PE s’était déjà prononcé, l’an dernier, en faveur d’une modification de la directive 'Habitats' afin de revoir le statut de protection du loup pour protéger le bétail.
Herbert Dorfmann (PPE, italien) a salué l’annonce de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, visant à récolter de nouvelles données en vue de revoir éventuellement le statut de protection du loup (EUROPE 13242/5), tout comme Norbert Lins (PPE, allemand), le président de la commission de l’agriculture du PE, ou encore Ulrike Müller (Renew Europe, allemande) et Mazaly Aguilar (CRE, espagnole). Selon eux, les mesures actuelles de protection ou de gestion sont largement insuffisantes, compte tenu de la hausse de la population de loups (plus de 20 000 aujourd’hui). Plusieurs d’entre eux ont demandé à la Commission d’agir rapidement. Tiemo Wölken (S&D, allemand) a évoqué les problèmes quand le loup menace les brebis. Jérémy Decerle (Renew Europe, français) a plaidé pour une harmonisation du comptage, des mesures pour faciliter l’abattage et la révision du statut du loup et des autres grands carnivores (si nécessaire).
Alessandro Panza (ID, italien), quant à lui, estime qu'il convient de « passer des paroles aux actes », le loup n’étant, selon lui, plus menacé.
« Semer la peur du loup ». Au contraire, Thomas Waitz (Verts/ALE, autrichien) a reproché aux eurodéputés précédents de semer la peur du loup. Il a plaidé pour des solutions « raisonnables » et des soutiens aux agriculteurs dont le bétail serait affecté par des attaques. Francisco Guerreiro (Verts/ALE, portugais) a dit qu’il fallait changer le nom du PPE en « parti populiste européen ». Anja Hazekamp (La Gauche, néerlandaise) a plaidé pour le maintien du statut actuel de protection du loup et rappelé que 12 pays de l’UE y sont aussi favorables.
La Commission appelle les communautés locales, scientifiques et toutes les parties intéressées à soumettre, d'ici au 22 septembre, des données actualisées sur les populations de loups et leurs impacts.
Réponse d'ici fin 2023. « Il faut faire preuve d’empathie envers les éleveurs touchés par les attaques des loups et envers les victimes tuées par des ours », a déclaré la commissaire, pour clore le débat. Elle a dit espérer une issue satisfaisante pour tous. Le loup a sa place dans la nature, a aussi dit la commissaire, avant de conclure que la Commission avait l’intention de travailler rapidement sur le dossier et de « présenter d’ici fin 2023 une proposition de réponse à la lumière des informations reçues ». (Lionel Changeur)