Le gouvernement polonais a annoncé, mardi 12 septembre, qu'il allait prolonger unilatéralement l'interdiction d'importer des céréales ukrainiennes après le 15 septembre alors que la Commission européenne recherche des solutions consensuelles (EUROPE 13244/15).
« Quelle que soit la décision ultérieure de la Commission, nous n'ouvrirons pas la frontière aux céréales ukrainiennes après cette date », selon le gouvernement, qui a souligné continuer à chercher une solution au niveau européen.
« Toutefois, si la Commission ne maintient pas l'embargo, nous mettrons en place ces solutions nous-mêmes. Il s'agit d'une question fondamentale. Les intérêts des agriculteurs polonais sont les plus importants pour nous », a indiqué Varsovie.
L'Ukraine, de son côté, a annoncé être prête à saisir l'organisation mondiale du commerce (OMC) pour exiger une compensation de la part de la Pologne en raison de l’interdiction d'importer des céréales ukrainiennes.
La Pologne demande à l'UE de prolonger l'interdiction des importations de quatre céréales : le blé, le maïs, le colza et les graines de tournesol. Ce pays a indiqué que l'interdiction « restera en vigueur jusqu'à ce que de l'ordre soit remis dans les relations agricoles entre la Pologne et l'Ukraine ».
Les États membres proches de l’Ukraine (la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie) ont demandé que les interdictions d’importation sur leur sol soient prolongées. La question est particulièrement sensible en Pologne, où des élections auront lieu le mois prochain. (Lionel Changeur)