Janusz Wojciechowski, le commissaire européen à l’Agriculture, a proposé, jeudi 31 août, une prolongation des restrictions européennes sur les importations de céréales ukrainiennes jusque fin 2023. En outre, il a précisé les modalités de ses idées sur une aide au soutien pour le transport de céréales vers les pays tiers de destination.
Parmi les options possibles pour résoudre les problèmes découlant de l’afflux de céréales ukrainiennes dans les pays voisins du pays attaqué par la Russie, le commissaire a cité, lors d’une intervention devant la commission de l’agriculture du Parlement européen, le blocage des importations ukrainiennes, « ce qui n’est pas acceptable », une réouverture des marchés, ce qui provoquera une « nouvelle crise » et de la spéculation, ou bien la meilleure solution : aider le transit des céréales et prolonger jusque fin 2023 l’interdiction, pour cinq pays de l’UE (la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Hongrie et la Bulgarie), d’importer des céréales (blé, maïs, colza et tournesol) ukrainiennes.
Début juin, la Commission avait autorisé ces cinq États à prolonger jusqu'au 15 septembre leurs mesures de restriction. Ces pays proches de l'Ukraine ont décidé, le 25 août, d'appeler à une prolongation jusque fin 2023 des restrictions sur les importations de céréales ukrainiennes, qui expirent le 15 septembre (EUROPE 13237/6).
Certains eurodéputés ont demandé d’étendre les mesures à d’autres produits. Le commissaire a répondu 'non' en ce qui concerne les volailles et les œufs. Il s’est toutefois montré ouvert à l'idée inclure les framboises dans la liste.
600 millions d'euros pour le transit. M. Wojciechowski a dit espérer que sa proposition sera reprise prochainement par l’ensemble de la Commission, à savoir donner des subventions à l’Ukraine pour payer des compensations aux entreprises pour le transit des céréales vers des ports européens (pays baltes, Allemagne…) afin d'acheminer les produits dans les pays tiers.
Le coût de cette aide est estimé à 30 euros par tonnes, pour exporter 20 millions de tonnes, soit un total de 600 millions d’euros.
« Cette proposition sur la table est la moins chère pour nous. Sinon, les Ukrainiens ne trouveront pas d’acheteurs », a mis en garde le commissaire. « Je n’ai pas de meilleure solution à proposer », a-t-il concédé.
Herbert Dorfmann (PPE, italien) lui a demandé de veiller à ce que la nourriture ukrainienne atteigne sa cible partout dans le monde.
Pour Carmen Avram (S&D, roumaine), il faut prolonger les restrictions sur les importations de céréales ukrainiennes. Daniel Buda (PPE, roumain) a jugé, lui aussi, « indispensable » la prolongation des restrictions.
En revanche, Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) s’est montré « très déçu » par les réponses du commissaire. Il faut aider l’Ukraine pour que celle-ci soit réellement rattachée aux marchés internationaux. « Il reste quinze jours, soyez plus concret », a-t-il lancé.
Bert-Jan Ruissen (CRE, néerlandais) a évoqué les problèmes qui touchent aussi la volaille et les œufs. « Nous devrions envisager un instrument tel que des droits de douane pour les importations, mais pas pour les produits en transit », a-t-il suggéré.
Nul doute que le sujet sera évoqué lors de la réunion informelle des ministres européens de l'Agriculture, qui se tiendra du 3 au 5 septembre à Cordoue. (Lionel Changeur)