La Commission européenne n'a pas nié, jeudi 31 août, les conclusions d'une étude de l'ONG Global Witness selon laquelle les importations européennes de gas GNL russe ont bondi cette année par rapport à 2021, apportant à la Russie une manne financière supérieure à 5 milliards d'euros uniquement sur cette partie de l'année. Mais elle a tenu à replacer cette situation dans un contexte plus général d'indépendance croissante de l'Union européenne vis-à-vis des énergies fossiles russes, conformément aux objectifs de la stratégie 'REPowerEU' mise en place en réaction à l'invasion militaire russe de l'Ukraine.
Le porte-parole chargé des questions climatique et énergétique pour l'institution de l'UE, Tim McPhie, a rappelé que l'UE n'importe plus de charbon russe depuis février 2022 et a diminué ses importations de pétrole à hauteur de 90%. Les importations européennes de gaz russe ont diminué de 155 milliards de m3 (bcm) en 2021, 80 bcm en 2022, à 21 bcm pour la première moitié de 2023. Concernant les importations spécifiques de gaz GNL, elles devraient être similaires en 2023 par rapport à 2022, proches de 20 bcm, alors qu'elles s'élevaient à 13,5 bcm en 2021.
Ainsi, la part du gaz russe dans les importations totales de gaz dans l'UE a diminué de 45% en 2021, de 24% en 2022 à moins de 15% sur le premier semestre 2023 même si les importations de gaz GNL russe ont augmenté, a relevé M. McPhie. Il a rappelé que la commissaire européenne à l'Énergie, Kadri Simson, plaide depuis mars pour la fin des importations européennes de gaz GNL russe et la non-reconduction de contrats d'importation arrivant à échéance, tout en gardant à l'esprit l'enjeu de la sécurité des approvisionnements.
D'après Global Witness, après la Chine, l'Espagne et la Belgique sont désormais les deuxième et troisième plus grands importateurs mondiaux de gaz GNL russe, en raison notamment de leur rôle en tant que terminaux gaziers physiques.
Sur ce point, M. McPhie a pointé le fait que, dans le cadre des négociations en cours entre le Parlement européen et le Conseil de l'UE sur le paquet 'gaz' (EUROPE 13224/16), une disposition incluse dans la position de négociation des États membres prévoit la possibilité pour un pays d'interdire les importations de gaz GNL.
Voir l'étude de Global Witness : https://aeur.eu/f/8dy (Mathieu Bion)