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Bulletin Quotidien Europe N° 13240
ACTION EXTÉRIEURE / Tunisie

L'accord scellé entre l'UE et Tunis sur l'économie et la migration continue de susciter des critiques au Parlement européen

Les membres de la commission des Affaires étrangères (AFET) du Parlement européen ont interrogé, jeudi 31 août, le directeur général de la DG NEAR de la Commission européenne, Gert Jan Koopman, sur l’accord scellé en juillet entre la Tunisie et l’UE, représentée alors par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ainsi que par les dirigeants de l’Italie, Giorgia Meloni, et des Pays-Bas, Mark Rutte (EUROPE 13224/3).

Ils ont mis en question plus particulièrement la méthode choisie par ces trois responsables et les implications de cet accord pour l’image de l’UE alors que la Tunisie est accusée d’envoyer vers la mort des migrants en les repoussant dans le désert.

Le socialiste allemand Udo Bullmann (S&D) ainsi que l’élu allemand du PPE Michael Gahler se sont ainsi demandé pourquoi cet accord reposant sur 5 piliers, notamment macroéconomique et migratoire avec 150 millions d’euros pour prévenir les flux vers l’UE, « ne s’est pas fait dans le cadre de l’accord d’association existant ».

Le député français des Verts/ALE Mounir Satouri a également critiqué l'exclusion du PE et rappelé que 13 États membres ont aussi soulevé des inquiétudes sur la méthode durant le mois d’août (EUROPE 13235/3).

Le directeur général a reconnu qu’il conviendrait d’avoir « plus de discussions en amont ». Mais si une partie des États membres a en effet critiqué la procédure, « le Conseil de l'UE veut désormais passer à la mise en œuvre » de l’accord.

Quant à l’accord d’association, le fonctionnaire européen a reconnu qu’une partie des piliers de l’accord de juillet aurait pu s’inscrire dans ce cadre, mais l’accord d’association n’aurait pas permis « la même urgence » et la même détermination.

Quant au fait que l’UE collabore avec des pays qualifiés de dictatures, le responsable européen a jugé que l’UE ne peut pas s’offrir le luxe d’éviter des pays en fonction de leur type de régime. « Il ne revient pas à la Commission de juger ce gouvernement qui a été élu démocratiquement », a-t-il ajouté, rejetant aussi le fait que cet accord serait uniquement centré sur la migration et la prévention des départs vers l’UE.

Les volets économique et énergétique sont tout aussi importants. « Ce n’est que si l’on stabilise l’économie » de la Tunisie que les choses peuvent s’y améliorer.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, pour sa part, a jugé, jeudi 31 août à Tolède (voir autre nouvelle), qu'il était important de travailler « pour la stabilité de la Tunisie » et « d'investir davantage d'argent pour mettre en œuvre l'accord et mettre fin à l'immigration clandestine ».

Propos controversés de Manfred Weber

Le Parti socialiste européen a critiqué les commentaires sur l'immigration tenus par Manfred Weber, le chef de file allemand du groupe PPE au PE auprès de Politico, a rapporté le 31 août ce même média. M. Weber avait pointé du doigt les « moralisateurs de l'UE qui disent que l'Union ne peut pas parler à la Tunisie, qu'ils ne sont pas des partenaires pour nous, parce qu'il y a des vidéos du désert ou quelque chose comme ça ». (Solenn Paulic avec Camille-Cerise Gessant)

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