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Bulletin Quotidien Europe N° 13240
ACTION EXTÉRIEURE / Élargissement

Roberta Metsola estime que des discussions doivent être menées pour déterminer comment l'UE devra se préparer à un nouvel élargissement

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a estimé, jeudi 31 août, que des discussions devraient être menées pour déterminer la manière dont l’UE devra se préparer à l’adhésion de futurs États membres. Cette déclaration de Mme Metsola intervient alors que le président du Conseil européen, Charles Michel, avait annoncé plus tôt dans la semaine que l’UE devrait être prête « d’ici 2030 » à un élargissement (EUROPE 13237/8).

« Si un pays est prêt, alors nous devons être prêts. (…) Mais ce qui est bon pour 27 ne sera absolument pas possible pour 32 ou 33. Ou 35, si nous voulons aller plus loin. Il ne s'agit pas seulement d'un aspect budgétaire, mais aussi d'un aspect politique, d'un aspect structurel. Je vous donne juste un exemple : la Moldavie - si elle est prête d'ici 2030 - pour ainsi dire - serions-nous en mesure de dire ‘nous ne le sommes pas’ ? C'est la question que nous voulions poser au Parlement. Discutons de la manière dont nous devons avancer », a déclaré Mme Metsola.

« Le plus douloureux, c'est quand les pays attendent depuis 12 ou 13 ans, comme ce fut le cas pour l'adhésion à l'espace Schengen de la Roumanie et de la Bulgarie, et qu'un, deux ou trois pays disent non », a-t-elle ajouté.

Le président du Conseil européen avait soulevé lui aussi ce point lors sa prise de parole au Forum stratégique de Bled. « Nous devons veiller à ce que les conflits du passé ne soient pas importés dans l’UE et qu'ils ne soient pas utilisés pour bloquer l'adhésion de leurs voisins et des futurs États membres. Une solution pourrait consister à ajouter une ‘clause de confiance’ dans les traités d'adhésion afin de garantir que les pays qui viennent d'adhérer à l'UE ne puissent pas bloquer les futurs États membres », avait-il jugé.

Une « question de volonté » pour la Commission

La présidente du PE n’est pas la seule à avoir réagi aux propos tenus par Charles Michel. Le commissaire européen chargé de l’Élargissement, Olivér Várhelyi, a estimé que le Conseil avait voulu faire passer un message et qu’il ne s’agissait pas d’une « question de dates », mais « plutôt d'une question de volonté et de résultats », tant du côté de l’UE que de celui des États candidats.

« La Commission a toujours été prête à faire toute proposition susceptible de nous amener à l’adhésion », a-t-il complété, précisant que « des propositions substantielles, y compris le plan de croissance », seraient présentées en octobre.

Plusieurs États candidats à l’adhésion ont aussi réagi à l’annonce de M. Michel. Toutefois, de ce côté, c’est pour le moment le scepticisme qui semble l’emporter. Mercredi 30 août, la Première ministre serbe, Ana Brnabić, jugeait peu réaliste l’échéance fixée par le président du Conseil européen.

« La première raison est que le processus prend beaucoup de temps et qu’il n’y a pas de perspective de fin. La seconde réside dans les critères, ce qu’il faut faire pour progresser, qui changent constamment », déclarait-elle.

Deux jours plus tôt, le Premier ministre albanais, Edi Rama, insistait pour que l’UE « tienne ses promesses » et mène a bien, elle aussi, les réformes nécessaires en interne (EUROPE 13238/6). (Thomas Mangin)

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