Le troisième report par la Commission européenne, mercredi 22 mars, de l’adoption du très attendu paquet législatif pharmaceutique a suscité de vives réactions. Un paquet de trois textes incluant une proposition de révision de la législation générale de l’Union relative aux produits pharmaceutiques devrait être adopté mercredi 29 mars par la Commission européenne, selon son agenda indicatif (EUROPE 13076/7).
Véronique Trillet-Lenoir (Renew Europe, française) a estimé que ce report était « incompréhensible et injustifiable » alors que le paquet était quasiment finalisé. Mme Trillet-Lenoir presse la Commission de publier le paquet législatif pharmaceutique dès avril 2023.
Tilly Metz (Verts/ALE, luxembourgeoise) a communiqué : « Nous devons renforcer nos systèmes de santé publique, rééquilibrer le pouvoir de l'industrie pharmaceutique, être mieux préparés pour éviter les pénuries de médicaments, et surtout, placer les patients au centre de nos préoccupations ! »
Tiemo Wölken (S&D, allemand) a estimé : « (...) Nous n'avons pas de temps à perdre et tout retard supplémentaire est un retard de trop ! »
Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) craint, en cas de report trop tardif, que les travaux législatifs sur le sujet ne puissent démarrer sous l'actuelle mandature. Or, le BEUC entrevoit des négociations difficiles en raison de la nature controversée des questions abordées. Pour l’organisation, la Commission a fait l’objet de pressions (backdoor lobbying) et de chantages, notamment à l’emploi. L’organisation regrette de devoir travailler sur la base de documents fuités et regrette que le débat ne soit pas ouvert et n’inclue pas toutes les parties prenantes. « Ce n’est pas de la meilleure régulation ni de la bonne gouvernance ».
Le PGEU, le groupement pharmaceutique de l'UE, a regretté un report « inacceptable » et il estime que « les pharmaciens européens redoublent d'efforts pour assurer la continuité des soins et minimiser l'impact négatif des pénuries sur la santé des patients », mais la situation devient toujours plus compliquée et il existe un besoin urgent d’actions concrètes.
Lien vers le communiqué de Mme Trillet-Lenoir : https://aeur.eu/f/5z8 (Émilie Vanderhulst)