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Bulletin Quotidien Europe N° 13148
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Entendue sur les absorptions de carbone par les eurodéputés, Célia Nyssens juge la proposition de la Commission « immature »

« La proposition de la Commission est un cadre immature, rempli de défauts ». Lors d'une réunion conjointe des commissions de l'agriculture (AGRI) et et de l'environnement (ENVI) du Parlement européen, mercredi 22 mars, Célia Nyssens, chargée de mission senior pour l'agriculture et les systèmes alimentaires au Bureau européen de l'environnement (BEE), s’est montrée très critique à l’égard de la proposition de la Commission sur la certification des absorptions de carbone (EUROPE 13074/9). L’audition, à laquelle étaient conviés divers experts et des représentants de la Commission européenne, avait pour objectif une meilleure compréhension de l'agriculture carbone au service des absorptions de carbone. 

Face aux eurodéputés, Célia Nyssens a estimé que le texte pouvait avoir un impact négatif sur « le climat, la nature et sur les communautés rurales ». De son côté, Christian Holzleitner, chef d'unité à la Direction générale de l'action pour le climat de la Commission européenne, s'est dit « conscient des inquiétudes soulevées », mais a rappelé qu’il s’agissait d’« une première étape ». Le discours de Mme Nyssens a néanmoins fortement fait réagir les élus du PPE. Herbert Dorfmann (italien) a ainsi dénoncé des « déclarations à l’emporte-pièce ». 

Mme Nyssens a en outre souligné le risque d'écoblanchiment et a appelé à plus de transparence pour une surveillance accrue. Des propos qui ont trouvé un écho avec l’intervention de Martin Haüsling (Vert/ALE, allemand), selon qui « le potentiel de greenwashing est gigantesque ».

Un système de compensations « injuste ». Le système de compensations proposé par le règlement fait également partie des points dénoncés par Célia Nyssens, qui l'estime injuste. « Les prix des compensations sur ces marchés sont très faibles, les marchés du carbone sont volatils et ne fournissent pas de financement à long terme », a-t-elle expliqué. Selon elle, « les agriculteurs qui se sont occupés de leur sol n'auront pas d'argent », contrairement à ceux « qui ont eu des pratiques moins durables, mais qui ont affaibli leur stock de carbone ».

L’eurodéputé Éric Andrieu (S&D, français), dénonçant « des effets pervers », a abondé dans le même sens : « le cadre doit surtout prendre en compte les pratiques vertueuses pour s'inscrire dans une logique de paiement pour services environnementaux ».

Célia Nyssens propose ainsi de constituer un marché pour les agriculteurs, ainsi que l’a énoncé l’eurodéputé Luke Flanagan (La Gauche, irlandais). « Plutôt que de générer des compensations bon marché, la certification d'absorption de carbone devrait faciliter des financements sur la base de la pratique et des résultats. Et ce financement devrait émaner du public avant tout, par exemple la PAC », a déclaré Mme Nyssens. Sur ce point, plusieurs voix se sont élevées, notamment celle d’Ulrike Müller (Renew Europe, allemande), qui propose plutôt des « modèles de financement ad hoc ». 

En conclusion d'un débat qui s'est avéré « vif », le président de la commission ENVI, Pascal Canfin, a déclaré : « Pour une fois, nous avons quelque chose de potentiellement positif pour le climat, et pas seulement pour les revenus des agriculteurs ». (Nithya Paquiry)

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