*** modifié vendredi 24 mars 11h00 ***
La sécurité d’approvisionnement pour l'hiver prochain figure en tête des priorités de nombreux États membres, qui appellent déjà à planifier la campagne de remplissage des stocks de gaz.
La Première ministre estonienne, Kaja Kallas, a exprimé une telle nécessité à son arrivée au Conseil européen, jeudi 23 mars. « Nous devons nous concentrer sur l’année prochaine. La première question est la suivante : quels sont nos partenaires qui nous fournissent en pétrole et en gaz ? Et la seconde est celle-ci : comment pouvons-nous consommer moins ? Nous avons vu qu’à cet égard, nous avons obtenu des résultats positifs », a-t-elle indiqué.
Le mécanisme d’achat groupé AggregateEU, via la plateforme énergétique de l’UE, et la prolongation des mesures d’urgence adoptées pendant la crise énergétique sont également des éléments clefs de discussion.
Dans un contexte de renforcement de la compétitivité de l’industrie européenne (voir autre nouvelle) et de la souveraineté énergétique, les préoccupations de nombreux États membres concernent aussi le développement et la production massive d’énergies propres et d’hydrogène.
« La production éolienne en mer Baltique dispose d'une grande capacité. Il y a encore beaucoup de capacité inexploitée. Mais cela signifie également que nous devrons développer les technologies de l'hydrogène, parce que nous devrons stocker l'énergie verte, lorsque le vent souffle, mais qu'il n'y a pas de demande, afin d'équilibrer le système », a exprimé le Premier ministre letton, Krišjanis Kariņš, à son arrivée au Sommet.
Dans ses conclusions, le Conseil européen demande au législateur de l'UE de réformer, avant fin 2023, les mécanismes de fixation des prix sur le marché de l’électricité (EUROPE 13141/1).
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a rappelé l'importance de cette réforme. « C’est une réforme que j’estime fondamentale, d'abord pour gagner en autonomie énergétique, ensuite pour protéger les ménages et les économies européennes. Et enfin, pour gagner en résilience face à un éventuel chantage à l'énergie qui vient de pays tiers comme, dans le cas qui nous concerne, la Russie », a-t-il considéré.
Les dirigeants européens demandent également que les propositions législatives visant à accélérer la transition énergétique, comme la révision de la directive sur les énergies renouvelables, soient menées à leur terme.
L'Autriche a réitéré son opposition à l'énergie nucléaire. « Les risques sont bien plus élevés que les avantages », a estimé le chancelier autrichien, Karl Nehammer. Et d'ajouter : « Mais nous savons aussi que cette opinion ne fait pas l'unanimité, bien au contraire. La France est bien sûr l'un des plus grands lobbyistes en matière d'énergie nucléaire ». « Mais l'aspect positif », selon M. Nehammer, « c'est que la France a également reconnu que les énergies renouvelables et le moteur à combustion peuvent effectivement être une technologie d'avenir ».
Voir les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/5zy (Pauline Denys avec Lionel Changeur, Anne Damiani, Léa Marchal, Mathieu Bion)