Trois membres de la ‘commission internationale indépendante d’enquête des Nations unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est et Israël, ont plaidé, jeudi 2 mars, pour qu’Israël rende des comptes.
« Comme tous les États, Israël doit être tenu pour responsable pour tout manquement à la protection des êtres humains sur son territoire et dans les zones sous son contrôle effectif », a estimé la présidente de la commission, Navanethem Pillay, devant la sous-commission des Droits de l’homme du Parlement européen.
Pour Christopher Sidoti, membre de cette commission d'enquête, « seul l’avis de la Cour internationale de justice pourra mettre un terme à ce conflit avec l’aide de l’ONU et de l’UE. Tout processus de paix qui ne se base pas sur le droit international et ne reconnaît pas le droit des personnes concernées ne sera pas viable ». M. Sidoti a ajouté qu’il fallait soutenir les travaux de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale, expliquant que, dans le cas contraire, le conflit ne prendra jamais fin.
Pour sa part, Miloon Kothari, autre membre de la commission de l'ONU qui s'adressait aux eurodéputés, a appelé la sous-commission du PE à travailler pour que l’UE ait une position unitaire sur la question du Proche-Orient, dénonçant les ‘doubles standards’ dans la réponse de l’UE à la situation de l’Ukraine et à la situation en Palestine, ajoutant que cela n’aidait pas sa commission à l’ONU. « Sinon, Israël continuera de jouir d’impunité », a-t-il prévenu.
Pourtant, selon Mme Pillay, « les politiques israéliennes et les mesures prises par le gouvernement israélien au fil des ans peuvent être assimilées à des crimes internationaux, notamment le crime de guerre consistant à transférer directement ou indirectement des populations civiles dans des territoires occupés et le crime contre l'humanité consistant à déporter des personnes ». Mettant en avant les préoccupations légitimes israéliennes en termes de sécurité, la présidente a rappelé que toutes les actions devaient rester en conformité avec la loi.
« L’occupation des territoires, qui continue, et la discrimination à l’égard des Palestiens sont à l’origine des tensions dans la région. L’instabilité depuis des décennies crée un sentiment de désespoir auprès des Palestiniens, mais aussi en Israël et dans la diaspora. Cette situation est utilisée par certains Palestiniens pour justifier leur propre violation du droit international », a-t-elle résumé.
La sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen se rendra au Proche-Orient en juin. Le même mois, la commission d'enquête devrait remettre son rapport. (Camille-Cerise Gessant)