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Bulletin Quotidien Europe N° 13065
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ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

Les acteurs brésiliens font entendre leur voix sur l'accord UE/Mercosur

Bruxelles a vu défiler plusieurs délégations de Brésiliens ces derniers jours, venus pour parler des relations commerciales avec l'Union européenne, en particulier de l'accord commercial UE/Mercosur.

Après l'élection en octobre de Lula da Silva à la présidence du Brésil (EUROPE 13054/5), la Commission européenne finalise son intrument sur l'environnement et le développement durable qui sera annexé à l'accord commercial, et sur lequel elle veut aussi consulter le Parlement européen et les Etats membres (EUROPE 13051/25).

Lula da Silva a indiqué dans les médias ces dernières semaines qu'il voulait « améliorer les termes de l'accord », et plusieurs sources comprennent que le Brésil voudrait potentiellement rouvrir les négociations. La Commission européenne a refusé jusqu'ici d'envisager cette possibilité, au vu des difficultés à conclure les négociations. Celles-ci ont été entamées en 2000 et cloturées seulement en juin 2019 (EUROPE 12285/5, 12286/3).

Les pour et les contre

Le 8 novembre, l'ONG Friends of the Earth Europe a accueilli des représentants d'associations et de communautés indigènes brésiliennes venus exposer leurs attentes quant au futur de l'Accord UE/Mercosur. 

Pour Luana Hanauer de l'association Friends of the Earth Brazil, il faut réouvrir les négociations sur l'accord. « Ces clauses environnementales non obligatoires annexées à l'accord ne feront pas respecter les droits de l'Homme ni les droits environnementaux », a-t-elle estimé.

À ses côtés, Emiliano Maldonado, avocat pour les droits humains, a qualifié l'accord UE/Mercosur de 'néocolonial'. D'après lui, celui-ci a le potentiel de détruire le mode de vie de milliers de personnes, surtout des populations indigènes.

Du côté des producteurs brésiliens, en revanche, on s'impatiente de voir l'accord aboutir. « Il y a une opportunité à saisir pour conclure l'accord. Je pense que le nouveau gouvernement sera intéressé par cela et peut-être que la Commission européenne aussi », a confié le Président exécutif de l'Association des industries de l'huile végétale brésilienne (Abiove), André Nassar, à EUROPE. L'instrument annexe que doit proposer la Commission n'est pas un problème, selon lui, « tant qu'il ne se concentre pas à 100% sur la déforestation ». 

Ce sujet n'est d'ailleurs pas le principal, estiment M. Nassar et le président de la commission nationale des céréales, fibres et oléagineuses et agriculteur, Ricardo Manoel, Arioli Silva, qu'EUROPE a également rencontré. 

Ce dernier produit des germes de soja au Brésil et sa production, comme celle de tous les exploitants brésiliens, est soumise à un cadre strict pour éviter la déforestation, a-t-il soutenu.

Sept eurodéputés du groupe Verts/ALE de la commission du commerce international ont envoyé, jeudi 11 novembre, une lettre à la Commission européenne lui demandant de transmettre au Parlement européen le document relatif à l'instrument additionnel à l'accord. 

Voir la lettre des eurodéputés : https://aeur.eu/f/44o (Léa Marchal)

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