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Bulletin Quotidien Europe N° 13054
ACTION EXTÉRIEURE / BrÉsil

L'UE se félicite de travailler à nouveau avec Lula

La grande majorité des dirigeants européens ont accueilli positivement, dimanche 30 et lundi 31 octobre sur les réseaux sociaux, l'élection de l'ancien syndicaliste Luiz Inácio Lula da Silva pour sa troisième élection à la présidence du Brésil après ses mandats de 2003 à 2010, tournant ainsi la page 'Jair Bolsonaro', dont la présidence, depuis janvier 2019, aura été un temps faible dans les relations entre le Brésil et l'Union européenne.

Ces dirigeants espèrent notamment que le retour de Lula à la tête de la première puissance économique d'Amérique latine sera propice à une redynamisation des relations tant sur des questions bilatérales, notamment commerciales, que sur des enjeux mondiaux.

« Je me réjouis de travailler avec vous pour affronter les défis globaux urgents, de la sécurité alimentaire au changement climatique », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le président du Conseil européen, Charles Michel, s'est félicité que « les Brésiliens (aient) choisi le changement » et a réaffirmé la volonté de l'UE de coopérer en faveur de « la paix, la stabilité, la prospérité et le changement climatique ».

Louant la robustesse de la démocratie au Brésil, le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a rappelé le partenariat de longue date entre les deux régions en faveur des droits de l'homme et de l'État de droit.

Même son de cloche chez les dirigeants des États membres. Pour le président français, Emmanuel Macron, l'élection de M. Lula « ouvre une nouvelle page de l'histoire du Brésil ». « Nous allons unir nos forces pour relever les nombreux défis communs », a-t-il ajouté. Quant au chancelier allemand, Olaf Scholz, il a souhaité « une collaboration étroite en toute confiance, notamment sur les questions commerciales et de protection du climat ».

Les Premiers ministres portugais, António Costa, et espagnol, Pedro Sánchez, ont également exprimé leur grand enthousiasme, le second pointant l'importance de faire avancer « la justice sociale ».

Selon les résultats officiels, Lula l'a emporté de peu au deuxième tour de l'élection présidentielle, avec 50,9% des voix contre 49,1% pour son concurrent d'extrême droite. Lundi après-midi, M. Bolsonaro n'avait pas réagi après l'annonce des résultats.

Lors de ses premières déclarations dimanche soir, Lula a assuré que « le Brésil était prêt à redevenir un protagoniste dans la lutte contre la crise climatique, la protection des écosystèmes, particulièrement la forêt amazonienne », promettant de se battre en faveur d'un arrêt total de la déforestation.

Mercosur. Ces paroles devraient inciter Européens et Brésiliens à renouer le fil des discussions sur l'élaboration d'engagements communs additionnels en faveur de la protection de l'environnement et du climat afin de débloquer l'application de l'accord de libre-échange UE/Mercosur conclu en juin 2019 (EUROPE 12285/5, 12286/3).

Alors que le bloc latino-américain demande régulièrement l'application de l'accord commercial, les Européens, surtout la France (EUROPE 12563/28), ont, depuis, arrêté les travaux, refusant d'avancer tant que le Brésil ne se conforme pas à l'accord de Paris sur le climat. En octobre 2020, le Parlement européen s'était aussi prononcé, à une courte majorité, contre la ratification de l'accord commercial (EUROPE 12575/16).

En tournée en Amérique latine, M. Borrell a espéré une finalisation des travaux sur l'accord UE/Mercosur d'ici au sommet UE/CELAC qu'organisera la Présidence espagnole du Conseil de l'UE du deuxième semestre 2023 (EUROPE 13051/25). Selon lui, une proposition écrite des Européens pourrait être prête d'ici à fin 2022.

Selon nos informations, les éléments additionnels à l'accord ne sont pas encore finalisés au sein de l'institution européenne. Très prudente sur ce sujet politiquement sensible dont se sont saisis les groupes d'intérêt environnementaux et agricoles, la Commission entend d'abord tester ses propositions auprès des États membres et du Parlement.

Lundi, à Prague, en marge de la réunion des ministres européens du Commerce (voir autres nouvelles), le Suédois Johan Forssell, interrogé par EUROPE, a exprimé « un grand espoir » que de nouvelles opportunités pour l'accord UE/Mercosur s'ouvrent avec l'élection de Lula, tout en refusant d'avancer un calendrier. Il a confirmé que l'agenda commercial serait une priorité pour la Présidence suédoise du Conseil du premier semestre 2023, faisant état d'un soutien de nombreux États membres.

Le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, s'est, lui, dit prêt à prendre contact avec les nouvelles autorités brésiliennes pour « discuter de la façon de faire progresser l'accord avec le Mercosur ». (Mathieu Bion avec Léa Marchal)

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