Plusieurs voix au sein de l’UE se sont élevées, lundi 31 octobre, pour demander à la Russie de revenir sur sa décision de suspendre sa participation à l'accord international permettant d’écouler la production ukrainienne de céréales.
« La Russie aggrave la crise alimentaire globale causée par son agression contre l’Ukraine », a dit Catherine Colonna, la ministre française des Affaires étrangères.
Le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, a aussi demandé à la Russie de respecter l'accord « pour permettre au corridor maritime d'acheminer les denrées alimentaires dans le monde entier ». L'UE jouera son rôle pour éviter la crise alimentaire mondiale, a promis M. Borrell.
Le commissaire européen à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski, a soutenu les efforts des Nations unies pour maintenir l'accord en vie.
Corridors de solidarité. Les produits agricoles acheminés par les 'corridors de solidarité' UE/Ukraine ont représenté, depuis mai, 14 millions de tonnes, selon un porte-parole de la Commission européenne, qui a précisé que les produits non agricoles, quant à eux, ont représenté environ 15 millions de tonnes. Les 'corridors de solidarité' visent à permettre à l'Ukraine d'exporter ses céréales, mais aussi d'importer les biens dont elle a besoin (aide humanitaire, alimentation animale et engrais).
Sur le terrain, plusieurs cargos chargés de céréales se sont engagés dans le corridor maritime humanitaire en direction du Bosphore et de la Turquie.
La Russie a annoncé le 29 octobre qu'elle suspendait l'accord, entré en vigueur le 1er août et qui arrive à échéance le 19 novembre. Il a permis d'exporter plus de 9,3 millions de tonnes de céréales et autres produits d'Ukraine.
Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a assuré lundi qu'il allait continuer de défendre l'accord. (Lionel Changeur)