Le vice-président exécutif de la Commission européenne responsable du Pacte vert européen, Frans Timmermans, a appelé à envisager des possibilités alternatives à la création d’une facilité financière destinée à réparer les pertes et préjudices provoqués par le changement climatique, mercredi 16 novembre, lors d’un bref entretien avec des journalistes à Charm El-Cheikh, en Égypte, dans le cadre de la 27e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP27).
Réclamée notamment par les pays membres du Groupe des 77 (G77), cette facilité aurait pour but de fournir des financements des pays développés vers les pays du Sud afin d’aider ces derniers à faire face aux dégâts causés par le dérèglement climatique qui ne peuvent être évités ni par des actions de réduction des émissions ni par l’adaptation au changement climatique. Il s’agit, selon ces pays, d’une demande légitime, étant donné qu’il subissent particulièrement les impacts d’un dérèglement climatique largement causé par les pays développés.
Assurant partager cet objectif, M. Timmermans, chargé de représenter l’Union européenne lors des négociations à la COP27, a toutefois exprimé plusieurs réserves par rapport à la proposition du G77.
Il a notamment épinglé le fait que leur proposition « part d’une situation d’il y a 30 ans, de 1992 et non de 2022 ». Cela signifie que certains pays, qui ont connu « une croissance considérable » et « disposent aujourd’hui d’un énorme potentiel financier » (la Chine par exemple, NDLR), ne contribueraient pas à cette facilité.
Et d’ajouter : « Je pense que c’est inacceptable. Tout le monde devrait être intégré au système sur la base de sa situation actuelle ».
Il a ensuite estimé que l’argent mobilisé à travers le fond devrait être destiné en priorité aux pays les plus vulnérables, plutôt que de bénéficier potentiellement à tous les pays en développement.
Enfin, le vice-président de la Commission a plaidé pour utiliser les instruments existants, mobilisables immédiatement, plutôt que de se focaliser sur la création d’un fonds qui prendra « des années » à être mis en place.
Afin de débloquer les négociations sur ce sujet, il a proposé de se fixer pour échéance de prendre une décision sur la création d’une facilité financière d’ici un an.
Par ailleurs, M Timmermans a annoncé que l’UE et quatre États membres (la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark) fourniront plus d’un milliard d’euros pour soutenir l’adaptation au changement climatique en Afrique, dont 60 millions pour les pertes et préjudices provenant du budget de l’Union (EUROPE 13065/18). (Damien Genicot)