La commission des budgets du Parlement européen a demandé, jeudi 17 novembre, une révision rapide et profonde du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027, en raison des crises successives qui nécessitent de nouveaux financements qui n’étaient pas prévus au moment de son adoption.
Les membres de cette commission ont adopté (26 voix pour, 2 contre et 2 abstentions) le projet de rapport sur l’amélioration du CFP 2021-2027, préparé par Jan Olbrycht (PPE, polonais) et Margarida Marques (S&D, portugaise).
Les députés soulignent que le CFP actuel a déjà « atteint ses limites », moins de deux ans après son adoption, une situation aggravée par les événements imprévisibles de 2022, comme la guerre en Ukraine.
Ils soulignent qu'il n'est « tout simplement pas équipé, en termes de taille, de structure ou de règles, pour répondre rapidement et efficacement à une multitude de crises » et sont « très préoccupés par le fait que le CFP actuel ne permette pas suffisamment à l’UE de répondre aux éventuelles crises et besoins futurs ni de remplir son rôle stratégique sur la scène internationale ».
Les députés estiment que la révision doit fournir de nouveaux financements pour les nouvelles priorités politiques et garantir un budget de l'UE plus important et plus souple. Ils demandent donc que le CFP soit revu à la hausse et réclament plus de flexibilité budgétaire ainsi qu’un ‘instrument commun de crise’ pour pouvoir réagir rapidement en cas de nécessité.
Le remboursement de la dette et de ses intérêts doit être placé en dehors du CFP, demandent les députés. Sinon, ces coûts, dans un contexte de hausse des taux d'intérêt, pourraient entraîner une baisse du financement de programmes tels qu'Erasmus+, EU4Health, Europe créative ou le programme 'citoyens, égalité, droits et valeurs'.
La Commission européenne a annoncé qu'elle proposerait une révision du CFP au cours du deuxième trimestre 2023. Jan Olbrycht (PPE, polonais) regrette que la Commission n'ait proposé « qu'une révision du CFP en 2023 ». (Lionel Changeur)