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Bulletin Quotidien Europe N° 13043
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Soutien à l’Ukraine, Chine, Afrique et sanctions contre l’Iran au menu du Conseil Affaires étrangères

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se retrouveront lundi 17 octobre à Bruxelles, avec une nouvelle fois la situation en Ukraine au cœur de leurs débats.

Les ministres devraient se pencher sur le soutien de l'UE au pays, qui a fait face, ces derniers jours, à de nombreuses attaques contre des infrastructures civiles.

Après un entretien par visioconférence avec leur homologue ukrainien, Dmytro Kuleba, qui fera le point sur la situation et sur les attentes de son pays, les ministres devraient donner leur accord pour l’établissement d’une mission d’assistance militaire (EUMAM Ukraine). Selon un haut fonctionnaire européen, l’objectif est que cette mission soit opérationnelle d’ici la mi-novembre. D’ici là, les détails opérationnels de la mission devront encore être précisés.

L’objectif est de former 15 000 soldats sur deux ans, avec des formations collectives ou spécialisées (médicale, logistique, sniper, etc.). « Il y aura une large mosaïque de formations » dispensées dans les États membres, a expliqué un diplomate. La mission, dont le budget annuel serait de 50 à 60 millions d'euros, selon un autre diplomate, aura son quartier général à Bruxelles, au sein de la Capacité militaire de planification et de conduite, et des quartiers généraux locaux en Pologne et en Allemagne.

Le Conseil devrait également donner son accord pour le déblocage d’une nouvelle tranche de 500 millions d’euros de la 'Facilité européenne pour la Paix', pour fournir des équipements létaux et non létaux à l’Ukraine. Selon plusieurs sources, cette nouvelle tranche couvrira également la réparation et la maintenance d’équipements déjà livrés à l’Ukraine. Avec ce nouveau soutien, 3,1 milliards d’euros de la Facilité bénéficieront à l’Ukraine.

Les ministres pourraient également faire un point sur la mise en œuvre des huit paquets de sanctions à l'encontre de la Russie déjà adoptés et sur les questions de la responsabilité des crimes de guerre et de la sensibilisation mondiale, notamment dans le cadre du vote de la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies du 12 octobre condamnant l'annexion illégale russe de plusieurs régions ukrainiennes. Ils pourraient également prendre en compte les dernières annonces biélorusses sur de soi-disant menaces ukrainiennes et alors que des troupes russes sont postées dans le pays.

Le Conseil pourrait en outre se pencher sur la reconstruction du pays, à quelques jours de la conférence de Berlin du 25 octobre.

Chine. Les ministres vont se pencher sur la stratégie de l'UE vis-à-vis de Pékin alors que débute dimanche le 20e congrès du Parti communiste chinois. Cet événement devrait permettre au président Xi Jinping d'obtenir un troisième mandat à la tête du pays et déboucher sur la recomposition du comité permanent du Bureau politique chinois, qui dirige le parti communiste.

La discussion des ministres de l'UE lundi préparera le terrain pour les chefs d'État ou de gouvernement, qui aborderont aussi le sujet à Bruxelles les 20 et 21 octobre. 

L'UE observe un changement dans sa relation avec la Chine, qui devient de plus en plus un compétiteur. Il est nécessaire de repenser la stratégie européenne vis-à-vis de Pékin et d'envoyer un message clair et unique, selon un diplomate européen. 

Les ministres réaffirmeront le besoin de réduire la dépendance de l'UE à l'égard de la Chine, d'assurer une concurrence loyale avec les acteurs chinois ou encore de coopérer avec des partenaires dans la région, selon plusieurs sources. Il paraît également crucial pour l'UE d'essayer de s'engager avec Pékin partout où c'est possible, comme sur le changement climatique. 

Les ministres devraient aussi rappeler l'importance des relations commerciales avec la Chine, qui est le premier partenaire commercial de l'UE avec presque 700 milliards d'euros de biens échangés en 2021. 

Affaires courantes. Rapidement, les ministres devraient s'entretenir d'un certain nombre d'autres sujets.

Caucase. Le Conseil pourrait adapter le mandat de la mission EUMM Georgie afin qu’elle puisse être déployée à la frontière entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Le 6 octobre, l’envoi d’une telle mission avait fait l’objet d’un accord entre les dirigeants des deux pays (EUROPE 13038/3). Vendredi 14 octobre, le représentant spécial de l’UE pour le Caucase du Sud, Toivo Klaar, a annoncé qu’une équipe avancée d'observateurs européens arrivait à Erevan. Cette mission d'évaluation technique de l'UE a pour tâche de préparer le déploiement d'observateurs de l'UE du côté arménien de la frontière. Selon un haut diplomate européen, la mission définitive pourrait compter 40 observateurs. L'objectif est un déploiement avant la fin octobre.

Le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, s’est entretenu par téléphone avec le ministre des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan, Jeyhun Bayramov, le 10 octobre, et avec son homologue arménien, Ararat Mirzoyan, le 14, pour faire le point sur les préparatifs techniques en cours pour le déploiement de la mission.

Iran. Les ministres pourraient adopter des sanctions ciblées à l’encontre des responsables du décès de Mahsa Jina Amini et de la répression des manifestations pacifiques en Iran (EUROPE 13037/5).

Selon des diplomates européens, cette discussion sera l’occasion de faire le point sur les autres éléments de déstabilisation de l’Iran, notamment l’utilisation de drones iraniens dans des attaques russes contre des civils en Ukraine. « S’il est avéré que l’Iran a livré des drones à la Russie depuis l’interdiction de le faire, cela appellera à une réplique », a précisé une source européenne, tout en expliquant que, pour l’instant, il n’était pas clair si c’était ou non le cas. Aucune décision ne devrait être prise lundi.

M. Borrell s'est entretenu, vendredi 14 octobre, avec le ministre des Affaires étrangères iranien, Hossein Amir Abdollahian, pour lui transmettre la position de l'UE : la répression violente des manifestations pacifiques doit cesser immédiatement, les manifestants doivent être libérés et l'accès à Internet et l'obligation de rendre des comptes nécessaires. 

Burkina Faso. Les ministres feront le point de la situation après le deuxième coup d’État militaire au Burkina Faso par le capitaine putschiste Ibrahim Traoré, devenu chef d’État le 5 octobre après avoir renversé le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, lui-même auteur du coup d'État militaire du 24 janvier.

L’UE avait immédiatement dénoncé ce coup d’État dans le coup d’État (EUROPE 13034/13). Les nouvelles autorités ont accepté, le 4 octobre, de respecter l’engagement des autorités précédentes, pris auprès de la CEDEAO, concernant le calendrier de la Transition et un retour à l’ordre constitutionnel, ce dont l’UE a « pris note » (EUROPE 13037/22).

« Nous voulons exprimer notre solidarité avec la France et voir comment poursuivre notre engagement prudent avec les autorités », déclarait une source diplomatique vendredi 14 octobre. Le même jour se tenaient à Ouagadougou des Assises nationales. « Nous verrons leurs intentions de partenariat », indiquait un diplomate européen.

Éthiopie. Après la discussion qu’ils avaient eue en juin (EUROPE 12975/7), les ministres feront le point sur la situation qui s’est considérablement dégradée dans le pays depuis la reprise des combats au Tigré le 24 août (EUROPE 13033/16). L’objectif est de voir comment soutenir la médiation de l’Union africaine. 

« Nous avons des échos positifs selon lesquels le gouvernement et les autorités du Tigré accepteraient cette médiation. Dans un pays aussi complexe, rien ne peut se résoudre par la voie militaire. Nous voulons soutenir un processus politique », déclarait un haut fonctionnaire européen, vendredi, insistant sur l’engagement du Haut Représentant à cet égard.

« Nous essayons, de concert avec les acteurs internationaux, de permettre une solution politique sur la base des engagements des parties », renchérissait une source diplomatique.

Liban. Le Conseil pourrait rappeler ses préoccupations concernant les blocages politiques au Liban, alors que le Parlement n’a toujours pas élu de nouveau président, à quelques jours de la fin du mandat du président actuel. Il pourrait aussi rappeler ses attentes envers le pays, notamment en termes de réformes.

Les ministres pourraient aussi faire un point sur la préparation de la COP27 prévue à Charm el-Cheikh (Égypte) du 6 au 18 novembre 2022. 

À la demande de la Croatie, les ministres se pencheront sur la situation politique en Bosnie-Herzégovine après les élections du 2 octobre (EUROPE 13036/27) et, à la demande de la Grèce, sur l’accord entre la Turquie et la Libye sur les hydrocarbures (EUROPE 13035/33). 

Enfin, le Conseil devrait adopter des conclusions sur la révision du commerce et du développement durable (TSD). (Camille-Cerise Gessant, Léa Marchal et Aminata Niang)

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