La famille sociale-démocrate européenne a confié à l'ancien Premier ministre suédois Stefan Löfven la responsabilité de la mener lors des échéances électorales à venir en Europe, à commencer par les élections européennes de mai 2024, vendredi 14 octobre à Berlin, à l'occasion du congrès annuel du Parti socialiste européen (PSE). Elle estime être en mesure de devenir la première force politique du Parlement européen.
Promettant un leadership « ouvert et transparent », M. Löfven a évoqué son histoire personnelle, marquée par une enfance passée dans une famille d'accueil, étape qui lui a fait prendre conscience du sens de la communauté, de la solidarité et de l'équité, et qui a forgé en lui sa conviction de social-démocrate.
Selon lui, il existe à l'heure actuelle « une demande de PSE ». C'est la raison pour laquelle, a-t-il estimé, socialistes et sociaux-démocrates doivent être en mesure de répondre le mieux aux attentes des citoyens concernant le coût de la vie, la sécurité, la justice sociale, la lutte contre le changement climatique, l'égalité de genre, la défense de la démocratie et l'unité de l'Europe face à l'agression russe de l'Ukraine.
« Nous devons être à la hauteur de la situation » et démontrer à nos concitoyens que nous sommes capables de bâtir « une société où personne n'est laissé de côté », a souligné M. Löfven. « Nous avons la vision, la détermination, l'expérience » pour devenir « la première force politique » en Europe, a-t-il affirmé. « Nous sommes la famille politique de ceux qui ont du mal à payer leur nourriture et leurs factures ! », a renchéri la présidente du groupe S&D au Parlement européen, Iratxe García Pérez.
Dans la résolution qu'il a adoptée vendredi à l'unanimité de ses membres, le PSE préconise de rendre « permanent » l'instrument SURE qui a soutenu les régimes nationaux de chômage partiel au plus fort de la pandémie de Covid-19. Et il prône « une capacité permanente d'investissement de long terme » s'inspirant du plan d'investissement européen, Next Generation EU. Par ailleurs, « nous devons récupérer les bénéfices exceptionnels engrangés par les compagnies d’énergie pour assurer un partage équitable de l’effort dans nos sociétés », souligne le PSE.
Le président sortant, le Bulgare Sergueï Stanichev, a loué l'initiative de M. Löfven, lancée lorsqu'il dirigeait le gouvernement suédois et qui avait débouché sur la proclamation du socle européen des droits sociaux lors du sommet de Göteborg en novembre 2017 (EUROPE 11907/1, 11906/2). « Cet hiver et l'année 2023 seront difficiles. Nous devons apporter des solutions qui protègent. Si nous n'y parvenons pas, nous en paierons le prix », a-t-il mis en garde.
Dans un contexte économique et géopolitique périlleux, les socialistes et sociaux-démocrates ont fait des chrétiens-démocrates leur cible. Affaiblis, ces derniers n'hésitent plus à s'allier avec l'extrême droite pour continuer de gouverner, en Suède ou en Italie (EUROPE 13021/25).
Coprésident du SPD allemand, Lars Klingbeil a égratigné le président du Parti populaire européen, l'Allemand Manfred Weber, promoteur d'une telle stratégique politique. « Nous avons besoin de positions très fortes contre les populistes de droite. (...) Nous sommes le rempart contre ces extrémismes ! », a-t-il lancé. M. Löfven a refusé de coopérer avec toute formation politique qui ne reconnaît pas l'égalité entre les individus.
Vendredi, M. Löfven, seul candidat à la présidence du PSE, a été élu à une écrasante majorité (255 voix pour, 0 contre, 7 abstentions).
Voir la résolution du PSE: https://aeur.eu/f/3mk (Mathieu Bion)