Dans le cadre de la Semaine européenne des régions et des villes (EUROPE 13039/9), le Comité européen des régions (CdR), a publié, mardi 11 octobre, son rapport annuel sur la situation des régions et des villes. Il appelle à impliquer davantage les autorités locales dans les efforts de reconstruction de l’Ukraine ainsi que dans la conception des programmes et des fonds européens.
Impliquer les régions dans la reconstruction de l’Ukraine…
Flux migratoires, inflation, risque de récession… Les régions les plus proches de l’Ukraine sont les plus touchées par l'invasion russe de l'Ukraine, rappelle le rapport, et les autorités locales sont généralement en première ligne pour gérer les conséquences du conflit.
Ainsi, pour un répondant sur deux, la manière la plus efficace de reconstruire l’Ukraine serait d’impliquer les autorités locales européennes. Une position partagée par le CdR, qui a lancé l’Alliance européenne des villes et des régions pour la reconstruction de l’Ukraine en juin 2022.
« L'Alliance encourage les relations de ville à ville et de région à région afin d'identifier les besoins et les disponibilités [...], mais elle souligne également l'importance de la participation du niveau local et régional à l'ensemble du processus de reconstruction », a déclaré Vasco Alves Cordeiro, président du CdR, lors d’un évènement de presse.
… et dans la conception des politiques européennes
Le CdR plaide également pour une plus grande implication des autorités locales dans la conception et la mise en œuvre des politiques et financements européens. Alors que 89% des répondants demandent plus d’influence des villes et des régions sur le futur de l’UE, le rapport insiste sur une des conclusions de la Conférence sur l'avenir de l’Europe qui appelle à réformer le CdR pour lui conférer un « rôle accru dans l'architecture institutionnelle de l’UE pour les questions ayant une dimension territoriale » (EUROPE 12949/24).
Par ailleurs, le rapport souligne la nécessité d'inclure les régions et les villes dans la conception des plans de relance nationaux pour qu’ils répondent mieux à la diversité de besoins sur le terrain. Il dénonce le « manque d’approche territoriale appropriée » de la Facilité pour la relance et la résilience (FRR), l'instrument budgétaire du plan de relance européen, une situation qui risque de « creuser les différences territoriales dans l’UE […], sapant en partie le travail de financement de la cohésion ». Aujourd’hui, seulement 10% des répondants estiment avoir été entièrement (1%) ou partiellement (9%) impliqués.
L’environnement et la fracture sociale au cœur des préoccupations
Enfin, cinq répondants sur dix estiment que l’un des objectifs phares des financements européens est de soutenir la transition écologique de l’économie. 77% ont jugé que l’impact social et économique de la guerre en Ukraine nécessite l’adaptation des politiques et des financements européens, en particulier pour atténuer les effets de la hausse des prix de l’énergie (48%).
Lire le rapport (en anglais) : https://aeur.eu/f/3j7
Lire la fiche d’information : https://aeur.eu/f/3j4 (Hélène Seynaeve)