Les ministres de la Défense des pays membres de l’OTAN discuteront, mercredi 12 octobre, d’abord au sein du groupe de contact – qui réunit plus de 50 pays au total - puis de leur conseil ministériel, du soutien supplémentaire à apporter à l’Ukraine.
« Nous allons intensifier et maintenir notre soutien à l'Ukraine », a prévenu le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, mardi 11 octobre. « Ensemble, nous répondrons aux besoins urgents de l'Ukraine », a-t-il expliqué. Selon lui, l’Ukraine a un « besoin urgent » de systèmes de défense antiaériens. M. Stoltenberg a aussi cité les véhicules armés, des systèmes anti-tanks, de l’artillerie, des munitions, mais aussi du matériel non létal tel que des équipements pour l’hiver, du carburant et des systèmes de communication. Le ministre ukrainien de la Défense, Oleksii Reznikov, se joindra à la réunion pour faire part de ses besoins à ses homologues.
Les ministres des pays alliés examineront également les progrès accomplis pour renforcer la dissuasion et la défense de l'OTAN. En lien avec le conflit en Ukraine, ils devraient prendre des décisions pour accroître les stocks de munitions et d'équipements des Alliés, accélérer les livraisons et utiliser le processus des plans de défense de l'OTAN pour fournir à l'industrie la demande à long terme dont elle a besoin pour stimuler la production. Alors que la guerre en Ukraine se prolonge et que les Alliés envoient une partie de leurs armements pour aider le pays, M. Stoltenberg a estimé qu’il était d’autant plus important de replanifier les stocks et de discuter des moyens d’augmenter les stocks.
Les Alliés reviendront aussi sur la protection des infrastructures critiques, à la lumière du sabotage des gazoducs Nord Stream. « L'OTAN travaille sur ce sujet depuis de nombreuses années et après le sabotage des gazoducs Nord Stream, nous avons encore renforcé notre vigilance dans tous les domaines », a précisé M. Stoltenberg, ajoutant que l’Alliance avait doublé sa présence en mer Baltique et en mer du Nord avec plus de 30 navires soutenus par des avions de patrouille maritime et des capacités sous-marines.
« Nous prendrons de nouvelles mesures pour renforcer notre résilience et protéger nos infrastructures critiques. Toute attaque délibérée contre les infrastructures critiques des Alliés ferait l'objet d'une réponse unie et déterminée », a ajouté le secrétaire général de l'OTAN.
Jeudi, les ministres se réuniront lors d’une réunion ordinaire du Groupe des plans nucléaires. « L'objectif fondamental de la dissuasion nucléaire de l'OTAN a toujours été de préserver la paix, de prévenir la coercition et de décourager l'agression », a expliqué M. Stoltenberg. Selon lui, les menaces nucléaires voilées du président Poutine sont « dangereuses et irresponsables ». « Nous surveillons de près les forces nucléaires de la Russie. Nous n'avons constaté aucun changement dans la position de la Russie, mais nous restons vigilants », a-t-il expliqué.
M. Stoltenberg a également rappelé que la semaine prochaine, l’Alliance tiendrait son exercice de dissuasion prévu avant l’invasion russe, dénommé Steadfast Noon. « Il s'agit d'un entraînement de routine qui a lieu chaque année, pour que notre force de dissuasion reste sûre, sécurisée et efficace », a-t-il ajouté. Interrogé sur la pertinence de l’exercice alors que la situation est tendue avec la Russie, le secrétaire général a estimé qu’annuler cet exercice prévu de longue date enverrait un mauvais signal.
Enfin, les Alliés discuteront des missions et des opérations de l'OTAN, notamment au Kosovo et en Irak.
Par ailleurs, interrogé sur des rumeurs de sommet de l’Alliance dans les prochains jours, M. Stoltenberg a botté en touche, précisant qu’une décision sera prise sur un potentiel sommet quand l’Alliance pensera que c’est le bon moment pour le faire. (Camille-Cerise Gessant)