Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé, mardi 11 octobre, à passer des paroles aux actes pour la construction de la défense européenne.
« L’an dernier, nous avons fait de nombreuses déclarations et pris des engagements. Maintenant, il est temps de passer de la parole aux actes, il est temps pour l’action », a-t-il souligné dans une vidéo diffusée lors de la 2e conférence européenne de la défense et la sécurité, à Bruxelles. Et d’ajouter que l’Europe de la défense n’est pas « quelque chose de bien à avoir, un luxe, c’est une nécessité (a must) ».
Cependant, pour cela, l’industrie doit aussi s’adapter. Ainsi, selon Alessandro Profumo, le président de l’Association des industries aérospatiales et de défense de l'Europe, il faut passer d’une industrie adaptée au temps de paix à une industrie adaptée au temps de crise et de conflit.
« D'un côté, il faut répondre aux besoins urgents de capacité à court terme et, de l'autre, aux besoins à moyen et long termes. Tous nos systèmes et plateformes de défense actuels sont et seront utilisés de manière plus intensive, l'industrie devra rendre ces produits plus rapidement disponibles, les remettre en état et les remplacer plus rapidement », a-t-il expliqué.
De plus, pour M. Profumo, il est nécessaire de considérer l’industrie de défense comme un secteur stratégiquement important et prioritaire en termes d’accès aux matières premières et de finances. Il a donc estimé que le fonds européen de défense, « instrument vital pour renforcer la coopération », devrait avoir un financement en ligne avec les attentes à son propos.
Par ailleurs, si les Européens se sont engagés à dépenser plus et mieux en matière de défense, cela prendra du temps. La ministre belge de la Défense, Ludivine Dedonder, a annoncé que son pays atteindrait l’objectif de dépenser 2% du PIB en défense à l’horizon 2035. Au niveau de l'UE, cet objectif est fixé pour 2024. (Camille-Cerise Gessant)