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Bulletin Quotidien Europe N° 12949
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INSTITUTIONNEL / Interview avenir de l'ue

Il est temps d'accroître le rôle des régions et des villes dans le processus décisionnel de l'UE, estime Apóstolos Tzitzikóstas

Au lendemain de la restitution des travaux de la Conférence sur l'avenir de l'Europe (EUROPE 12948/1), le président du Comité européen des régions, Apóstolos Tzitzikóstas, plaide pour une réforme institutionnelle de l'Union européenne. Cette révision des traités doit conduire, selon lui, à octroyer aux collectivités territoriales de l'UE un pouvoir législatif partagé au niveau européen, avec le Parlement européen, dans les domaines où les régions et les villes exercent une compétence. (propos recueillis par Mathieu Bion)

Agence Europe - Comment jugez-vous les résultats des travaux de la Conférence sur l'avenir de l'Europe ?

Apóstolos Tzitzikóstas - C'était un processus très bien organisé. Les citoyens ont eu l'occasion de s'exprimer, de faire des propositions, de faire part de leurs préoccupations.

Mais il serait désastreux pour l'Europe que le processus s'arrête maintenant. Il est maintenant temps d'agir. Et par action, je veux dire qu'il doit y avoir une prochaine étape, une Convention qui conduirait à des changements spécifiques basés sur les propositions des citoyens.

J'ai le sentiment, après le discours du président Macron, hier, et les déclarations des principales institutions européennes, que nous sommes dans la bonne direction. Cela signifie que nous aurons bientôt un nouveau processus qui conduira finalement aux changements indispensables dont l'Europe a besoin pour devenir plus ouverte, plus démocratique et plus efficace.

Quelles réformes principales préconisez-vous ?

Principalement l'accroissement du rôle des régions et des villes dans le processus décisionnel de l'UE. Le Comité européen des régions peut jouer ce rôle.

Si nous parlons des dispositions du traité existant, alors il est nécessaire d'accroître le rôle du Comité, en particulier dans la législation où l'échelon territorial est impliqué.

Mais, si nous parlons de convoquer une Convention qui conduirait à des modifications du traité, alors nous devons envisager la possibilité et la nécessité de créer une Assemblée des régions et des municipalités pour l'Europe.

Lorsque le Comité européen des régions a été créé en 1993, le pouvoir des régions et des villes n'était pas ce qu'il est aujourd'hui. Les choses ont évolué, la décentralisation a eu lieu. Le rôle et les responsabilités des régions et des villes à travers l'Europe ont augmenté de manière drastique.

Nous devons imaginer, à un moment donné, une institution bicamérale avec un Parlement et une assemblée pour les régions et les villes.

Avec des pouvoirs législatifs ?

Des pouvoirs législatifs dans les aspects qui ont trait aux compétences territoriales.

Comment convaincre la moitié des États membres qui refusent toute conclusion hâtive ?

Si, pour eux, le Brexit ne tire pas une sonnette d'alarme, si la crise aujourd'hui en Ukraine ne tire pas une sonnette d'alarme, je ne comprends pas ce qui pourrait leur faire comprendre que le temps nous manque alors que le sentiment anti-UE monte dans toute l'Europe.

La seule façon d'arrêter cela est de créer une Europe plus démocratique, plus ouverte. Et cela ne peut se faire qu'avec des changements qui répondent aux demandes, aux craintes et aux frustrations des citoyens.

Et si les États membres n'enclenchent pas une réforme du fonctionnement de l'UE ?

Si le processus s'arrête ici, cela pourrait être un désastre pour l'Europe. Si vous voulez un avenir stable et sûr, nous devons apporter des changements qui, je le crains, ne peuvent se produire que si nous modifions les traités.

Par exemple, la santé. Si nous ne changeons pas les traités après ce que nous avons vu avec la pandémie, je ne sais pas comment l'Europe sera capable de répondre de manière correcte à l'avenir.

Deuxièmement, si nous ne changeons pas les traités, nous ne pourrons pas traiter les questions de sécurité auxquelles l'Europe est confrontée avec une politique étrangère commune.

Il est maintenant temps d'aller plus loin dans l'union politique de l'Europe.

Quel calendrier envisagez-vous ?

Le plus tôt sera le mieux. Cependant, les élections européennes de 2024 doivent avoir lieu avec les changements entérinés afin que les citoyens puissent voter et donner le feu vert, par leur vote, aux changements qui créeront un avenir européen plus solide.

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