La Commission européenne devrait présenter, le 18 mai, une communication visant à redéfinir la politique extérieure de l’Union européenne en matière d’énergie afin de mieux prendre en compte les défis de la transition énergétique mondiale, mais aussi la nouvelle situation géopolitique dans laquelle l’UE évolue depuis l’invasion russe de l’Ukraine.
« L’invasion (…) a de profondes répercussions sur la politique énergétique de l’UE et sur ses relations avec ses partenaires internationaux, mettant en évidence les liens entre sécurité énergétique et stabilité mondiale », souligne ainsi une version provisoire de la communication obtenue par EUROPE mardi 10 mai.
Selon cet avant-projet, la politique extérieure de l’UE en matière énergétique visera à : (1) faciliter la diversification des importations de combustibles fossiles et les efforts d’accélération des énergies « propres » ; (2) soutenir l’Ukraine et les autres pays directement touchés par l’agression russe et atténuer l’impact sur ses partenaires dans le monde entier ; (3) mener et accélérer la « transition énergétique verte et juste » à l’échelle mondiale ; (4) renforcer et développer des partenariats à long terme afin de garantir une énergie durable, sûre et abordable pour l’UE et le monde.
Pour ce faire, la Commission prévoit des mener des actions non seulement pour diversifier son approvisionnement en gaz, mais aussi en matière d’efficacité énergétique, d’énergie renouvelable ou encore d’hydrogène.
Concernant le gaz, l’institution souhaite notamment : - négocier des accords politiques avec des fournisseurs de gaz comme l’Égypte et Israël pour augmenter l’approvisionnement de l’UE en gaz naturel liquéfié (GNL) ; - soutenir le doublement de la capacité du corridor gazier sud-européen, qui passerait à 20 milliards de m3 par an ; - relancer le dialogue de haut niveau en matière d’énergie avec l’Algérie ; - intensifier la coopération avec les pays d’Afrique subsaharienne, tels que le Nigeria, le Sénégal et l’Angola, afin d’étudier la possibilité d’accroître leurs livraisons de GNL vers l’Europe.
Au volet hydrogène, la Commission a l’intention de conclure des partenariats afin de faciliter l’importation de 10 millions de tonnes d’hydrogène d’ici à 2030.
Elle veut également accélérer la diversification des approvisionnements en combustible pour les centrales nucléaires.
En matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables, le document provisoire mentionne notamment le lancement d’un engagement international pour la rénovation des bâtiments et l’accélération de l’intégration des énergies renouvelables dans les réseaux électriques des Balkans occidentaux ainsi que dans d’autres régions du monde comme l’Afrique et la région indopacifique.
Afin de soutenir l’Ukraine, la Commission prévoit en outre de lancer un programme intitulé ‘REPowerUkraine’, sur le modèle de ‘REPowerEU’, visant à soutenir la reconstruction du secteur énergétique ukrainien après la guerre.
Elle souhaite également offrir à l’Ukraine ainsi qu’aux pays des Balkans occidentaux, à la Moldavie et à la Géorgie la possibilité de participer aux achats volontaires de gaz de l’UE.
Voir l'avant-projet : https://aeur.eu/f/1kt (Damien Genicot)