Le Parlement européen demande aux États membres de « mettre pleinement en œuvre » les lignes directrices de la Commission européenne sur la délivrance de visas aux citoyens russes refusant notamment de combattre en Ukraine (EUROPE 13033/12), « dans le plein respect du droit de l’Union et du droit international », et de veiller à ce que toute demande d’asile soit traitée « sur une base individuelle, en tenant compte des préoccupations en matière de sécurité des États membres d’accueil », dans une résolution qu'il a adoptée, jeudi 6 octobre, à une large majorité (504 voix pour, 26 contre, 36 abstentions).
Néanmoins, les eurodéputés ont rejeté un amendement du groupe Renew Europe qui invitait les États membres à « adopter une position commune » européenne « à l’égard des déserteurs russes et des personnes fuyant l’appel à la mobilisation » décrété par le président Vladimir Poutine.
Comme anticipé (EUROPE 13036/5), le PE exhorte les États membres à accroître « massivement » leur aide militaire afin que l'Ukraine soit en mesure de reprendre le contrôle de l'ensemble des territoires occupés par l'armée russe, y compris la Crimée. « Les hésitations de ceux qui soutiennent l’Ukraine ne font que prolonger la guerre et coûtent la vie à des Ukrainiens innocents », estime-t-il.
Les députés condamnent les simulacres de référendums menés en violation de la Charte des Nations unies dans les oblasts de Donetsk, de Kherson, de Louhansk et de Zaporijjia en vue de leur annexion par la Russie. Ils considèrent les résultats de ces consultations « comme nuls et non avenus ».
Prônant davantage de sanctions visant la Russie, ils réclament à nouveau « un embargo immédiat et total sur les importations de combustibles fossiles et d’uranium », l’abandon des gazoducs Nord Stream I et II, l’interdiction de l’importation « de titane, d’aluminium, de cuivre, de nickel, de palladium, de rhodium et de diamants bruts ou transformés » en provenance de Russie, ainsi que de « produits sidérurgiques, y compris de minerai de fer et de produits semi-finis ». Et ils demandent de réduire au minimum l’accès de la Russie aux « ressources, technologies et services industriels de base, en particulier ceux dont l’industrie militaire de l’État agresseur a besoin ».
Réagissant aux récentes explosions des gazoducs Nord Stream I et II, le Parlement est d'avis qu'il ne peut s'agir d'une « coïncidence et que l’on suppute de plus en plus qu’elles sont le résultat d’un acte coordonné et délibéré de la part d’un acteur étatique ». Ces explosions montrent à quel point « l’utilisation de l’énergie comme arme a été portée à un nouveau niveau ». Et d'inviter les États membres à renforcer la protection des infrastructures européennes critiques (gazoducs, câbles sous-marins).
Enfin, condamnant les menaces russes de recourir à des armes nucléaires, le PE demande aux États membres de préparer une réponse « rapide et résolue » en cas de frappe nucléaire de la Russie contre l’Ukraine.
Voir la résolution adoptée : https://aeur.eu/f/3g6 (Mathieu Bion)