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Bulletin Quotidien Europe N° 13036
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Économie/Énergie

Ursula von der Leyen préconise « un financement européen commun » pour accélérer la réduction de la dépendance de l'UE à l'égard des hydrocarbures russes

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est exprimée en faveur d'« un financement commun européen » pour augmenter les financements destinés à accélérer la réduction de la dépendance de l'Union européenne vis-à-vis des hydrocarbures russes et la transition vers une économie sobre en carbone, mercredi 5 octobre à Strasbourg, lors d'un débat au Parlement européen.

Mme von der Leyen a réagi aux annonces de certains gouvernements visant à protéger les entreprises et les ménages affectés par la flambée des prix énergétiques, notamment le paquet allemand de 200 milliards d'euros d'aides, jusqu'en 2024 (EUROPE 13034/5). « Sans une solution européenne, nous risquons une fragmentation » du marché intérieur, a-t-elle estimé, soulignant l'importance de préserver des « règles du jeu équitables ».

Rappelant que la stratégie 'REPowerEU' soutiendra les investissements dans la diversification de l'approvisionnement énergétique et dans l'efficacité énergétique des bâtiments, la présidente de la Commission a proposé de stimuler cette stratégie grâce à « un financement européen commun » additionnel.

Cette déclaration fait écho à la tribune des commissaires européens Thierry Breton et Paolo Gentiloni, dans laquelle ils lancent l'idée d'un mécanisme financier européen sur le modèle de l'initiative 'SURE' de soutien aux régimes nationaux d'assurance-chômage (EUROPE 13035/31). Dans l'hémicycle, elle n'a pas précisé la nature du financement européen qu'elle appelle de ses vœux. Interrogé par EUROPE, le porte-parole de la Commission, Eric Mamer, n'a pas souhaité en dire davantage, arguant que « le sujet mérite discussion avec les chefs d'État ou de gouvernement », qui se réunissent vendredi 7 octobre à Prague (voir autres nouvelles). Il s'est aussi félicité de l'accord, la veille, du Conseil 'Écofin' sur les modalités de financement des chapitres 'REPowerEU' à intégrer dans les plans de relance nationaux (EUROPE 13035/14).

En présence du Premier ministre ukrainien, Denys Chmyal, les députés ont quasi unanimement condamné la stratégie d'escalade de la Russie dans son invasion militaire, avec l'annexion de quatre territoires ukrainiens militairement occupés que légitimeraient des référendums fictifs.

Infrastructures critiques. Mme von der Leyen a également détaillé les pistes sur lesquelles la Commission travaillera pour faire baisser les prix de l'énergie, notamment du gaz, au sein de l'UE (voir autre nouvelle).

Elle a aussi annoncé un futur plan d'action pour mieux protéger les infrastructures critiques dans l'UE, après les récentes fuites constatées sur les gazoducs NordStream I et II. Ce plan prévoira notamment : - l'application des nouvelles règles de l'UE spécifiques (EUROPE 12981/11) ; - des tests de résistance des infrastructures d'abord gazières, puis numériques et électriques ; - un rôle accru du mécanisme civil de protection ; - un meilleur usage des images satellitaires ; - une coopération renforcée avec l'OTAN et les États-Unis.

Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a évoqué le paquet de sanctions visant la Russie, comprenant notamment un plafonnement dans l'UE du cours international du pétrole, que les ambassadeurs des États membres ont approuvé mercredi (voir autre nouvelle). Se réjouissant des terrains reconquis par l'armée ukrainienne, il a exhorté les Européens à dépasser leur sentiment de « fatigue » dans le soutien économique et militaire apporté à l'Ukraine, rappelant que le président russe, Vladimir Poutine, compte sur « le général hiver » pour miner la volonté des Européens.

Résolution du PE. Les eurodéputés adopteront jeudi une résolution qui condamnera les récentes décisions de M. Poutine d'annexer quatre territoires ukrainiens occupés militairement, de mobiliser 300 000 réservistes pour accroître l'effort de guerre ainsi que les menaces voilées d'un recours à l'arme nucléaire.

Selon un projet de résolution conjoint des groupes PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE et CRE, dont EUROPE a eu copie, le Parlement préconise des sanctions additionnelles, notamment en coupant Gazprombank du système SWIFT ainsi qu'en mettant fin aux exportations des produits technologiques et stratégiques vers la Russie et aux importations de métaux (titanium, aluminium...) et de diamants russes. Il demande aux États membres d'accroître « massivement » leur aide militaire pour permettre à l'Ukraine de reprendre le contrôle sur l'ensemble de son territoire, y compris la Crimée.

Le président du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber, a d'ailleurs soutenu l'envoi de « chars » à l'Ukraine.

Il a tenté de se démarquer des accusations de collusion des chrétiens-démocrates avec l'extrême droite, notamment en Italie, fustigeant le Rassemblement national français pour avoir emprunté de l'argent à une banque russe et le parti SMER slovaque, affilié au Parti socialiste européen, très critique sur les sanctions à l'encontre de la Russie. « Le PPE n'acceptera jamais de réécrire l'histoire », a-t-il affirmé. 

Au nom groupe S&D, l'Espagnole Iratxe García Pérez l'a exhorté à sceller des alliances « avec ceux qui défendent les valeurs européennes ». Ce à quoi le président du groupe ID, l'Italien Marco Zanni a répondu, refusant toute « leçon de morale » de la part de ceux qui font de l'œil « aux pires régimes d'extrême gauche » dans le monde et qui accueillent dans leurs rangs « le plus grand lobbyiste de la Russie », l'ancien chancelier social-démocrate allemand, Gerhard Schröder. Selon lui, le futur gouvernement italien de Giorgia Meloni jouera un rôle constructif dans la construction européenne et le soutien à l'Ukraine.

Pour Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien), l'Ukraine a besoin de garanties de sécurité à travers l'adhésion à l'OTAN. La Polonaise Anna Fotyga (CRE) a considéré que « le terrorisme d'État » russe ne devait pas avoir droit de cité en Europe.

Quant à Sergey Lagodinsky (Verts/ALE, allemand), il a préconisé « une européanisation » des efforts visant à atténuer les répercussions économiques et sociales de l'invasion russe dans l'UE. Son compatriote Martin Schirdewan (La Gauche) a exhorté les Européens à laisser une place à la diplomatie pour trouver une solution politique à la guerre, alors qu'« on ne parle que de sanctions et de livraisons d'armes supplémentaires » à l'Ukraine.

Enfin, Jérôme Rivière (NI, français) a estimé que l'efficacité des sanctions européennes visant la Russie n'était pas démontrée.

Voir le projet de résolution commune du PE : https://aeur.eu/f/3f0  (Mathieu Bion)

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