Lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg, mercredi 5 octobre, la commissaire européenne à la Politique de cohésion, Elisa Ferreira, a répondu aux questions des députés sur le dépeuplement de régions européennes. Phénomène touchant particulièrement les zones rurales, il serait lié au vieillissement de la population ainsi qu'à la difficulté à attirer les jeunes et les travailleurs qualifiés.
Rééquilibrer la croissance
La clé pour lutter contre le dépeuplement, défend la commissaire, est de rééquilibrer la croissance au niveau territorial. « Certains pays se rapprochent très rapidement de la moyenne européenne, mais au prix de déséquilibres internes importants qui, à moyen terme, génèrent […] un piège à revenus intermédiaires », a-t-elle mise en garde (EUROPE 12887/2).
Pour y parvenir, il faut non seulement assurer des services publics de qualité dans les zones rurales, mais également mettre en place des stratégies axées sur des pôles intermédiaires et de petites tailles. En effet, la croissance des grands centres urbains ne suffit pas à entraîner les territoires environnants. « De plus, [ils] commencent à ne plus fournir ce qu'ils pourraient fournir en termes de contribution au développement, parce qu'ils sont 'coincés' par la quantité de problèmes que l'agglomération crée, de problèmes environnementaux à l'inefficacité de la gestion de la ville entière. » Elle prône que ces pôles intermédiaires aient des fonctions définies et deviennent de véritables ancrages territoriaux.
La politique de cohésion seule ne suffit pas
Interpellée quant aux intentions de la Commission de développer une stratégie de lutte contre le dépeuplement, Elisa Ferreira a attiré l’attention sur le fait que la politique de cohésion est co-gérée par les États membres. « En ce sens, il est important que les pays eux-mêmes se rendent compte de l’importance stratégique de rééquilibrer le territoire […], il faut définir et adopter des stratégies au niveau national, inclure les parties prenantes régionales et locales, et ensuite, articuler l'ensemble des instruments disponibles dans le cadre de la politique de cohésion afin de s'attaquer à la racine de ces problèmes », a-t-elle précisé.
De la même manière, interrogée sur la possibilité de mettre en place une initiative miroir de l’initiative urbaine européenne, qui attribue un pourcentage du fond FEDER aux villes, pour les zones rurales, Elisa Ferreira a rappelé le rôle des autorités nationales : « Il y a une si grande diversité [entre régions et entre États membres] qu’il est difficile de faire une gestion ‘one size fits all’ ».
Enfin, concernant les accords de partenariat au titre de la politique de cohésion 2021-2027, la commissaire s'est montrée optimiste. « Nous avons fortement insisté pour que le rééquilibrage de la croissance soit une priorité […] Nous avons donc des attentes positives quant au fait que, dans la phase de mise en œuvre, cet objectif soit également placé suffisamment haut dans l'agenda interne de chaque État membre ». (Hélène Seynaeve)