Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a défendu les efforts de l’UE pour mettre fin aux tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, mardi 4 octobre dans la soirée, devant des députés européens qui ont appelé l’UE à faire plus et à faire preuve de fermeté envers Bakou.
« L’UE, dès le début, a fait ce qu’elle pouvait faire : lancer un appel pour mener un dialogue et introduire un cessez-le-feu », violé depuis, a expliqué M. Borrell. « On ne peut pas faire beaucoup plus que ce que l’on fait actuellement. On fait avec les moyens à notre disposition », a-t-il précisé, promettant que l’UE ne ménageait pas ses efforts diplomatiques. Le Haut Représentant a rappelé que l’UE utilisait son influence politique et le dialogue ainsi que son influence avec les pays qui interviennent dans la région, qu’elle avait un représentant permanent dans la région en contact permanent avec les parties, qu’elle discutait avec les membres du groupe de Minsk ou encore qu’elle fournissait une assistance humanitaire et finançait des opérations de déminage.
« Si vous avez des idées, je serai ravi que vous les partagiez avec moi », a-t-il lancé à plusieurs reprises à des députés lui demandant ce qu’il pouvait faire de plus.
M. Borrell a révélé que l’UE avait proposé le déploiement d’une mission d’arbitrage à la frontière, mais que Bakou avait refusé. « On œuvre pour que la commission des frontières se réunisse à Bruxelles avant la fin du mois », a-t-il ajouté.
Le Haut Représentant a aussi expliqué être mobilisé pour obtenir la restitution de tous les prisonniers de guerre. Il a en outre demandé à la Turquie, qui appuie l’Azerbaïdjan, d’utiliser son influence pour apaiser les tensions.
Interrogé sur les vidéos montrant des hommes portant un uniforme militaire azerbaïdjanais exécutant des prisonniers de guerre arméniens (EUROPE 13034/25), M. Borrell a précisé avoir demandé une enquête sur les événements et que les représentants azerbaïdjanais s’étaient engagés à ouvrir une investigation. Il a précisé que l’Arménie avait demandé que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou l’UE envoie une mission d’enquête. « Nous sommes prêts à le faire au moins provisoirement, jusqu’à ce que l'OSCE soit prête », a-t-il souligné, ajoutant que, pour cela, les deux parties devaient être d’accord.
Plusieurs députés ont reproché à M. Borrell de mettre dos à dos l’Arménie et l’Azerbaïdjan alors que ce dernier a pilonné le territoire arménien. Interrogé sur la possibilité d’adopter des sanctions à l’encontre de Bakou, le Haut Représentant a précisé qu’à sa connaissance, aucun État membre n’avait proposé une telle option.
De même, alors que certains élus se sont interrogés sur la présence de l’Azerbaïdjan à la réunion de la communauté politique européenne à Prague (voir autre nouvelle), M. Borrell a précisé que les invitations dépendaient du président du Conseil européen et que l’Azerbaïdjan était invité en raison de son accord d’association avec l’UE. « Si vous pensez qu’une initiative doit être prise, faites-le, demandez que l’on suspende l’accord d’association », a-t-il lancé aux députés. (Camille-Cerise Gessant)