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Bulletin Quotidien Europe N° 13036
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Burkina faso

Les eurodéputés très inquiets du 2e coup d'État et de l'impuissance de l'UE au Sahel

Les députés européens ont fait part de leur vive inquiétude, mardi 4 octobre au soir, à Strasbourg, face au deuxième coup d'État militaire en 8 mois au Burkina Faso - inquiétude tant pour la situation dans le pays que pour l'impuissance de l'UE à peser pour contenir un phénomène qui s'étend dans la région stratégique du Sahel, au profit de la présence russe.

Le débat sur ce coup d'État, qui a vu le jeune capitaine putschiste Ibrahim Traoré renverser le président de la Transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, avait été ajouté à l'ordre du jour de la session plénière du PE à la demande des groupes CRE et S&D, qui souhaitaient entendre le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell.

 Au nom de M. Borrell, la commissaire aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, a déploré ce coup d'État dans le coup d'État et réitéré la poursuite du soutien de l'UE « au peuple du Burkina Faso » (EUROPE 13034/13).

Rappelant qu'avant ce coup d'État, l'UE était prête à renforcer la coopération avec le pays, y compris dans le domaine de la défense et la sécurité, elle a dit son espoir que « les pourparlers en cours entre la CEDEAO et les nouvelles autorités burkinabèes » pourront déboucher sur le respect des engagements concernant un retour à l'ordre constitutionnel. Et d'ajouter : « Il faudra encore du temps pour évaluer si le Burkina Faso et l'UE peuvent rester partenaires ». Elle a aussi mis en garde contre l'option du groupe Wagner, affirmant que « ces mercenaires sont objectivement inefficaces dans la lutte contre le terrorisme au Sahel ».

Au nom du PPE, le Hongrois György Hölvenényi a appelé à une coordination de l'UE avec les partenaires internationaux et locaux, estimant que l'UE devait prendre acte du peu de progrès engrangés depuis février, date du précédent débat après le premier coup d'État (EUROPE 12893/8). « Le cas du Burkina Faso n'est pas unique. C'est le 7e coup d’État militaire depuis 2020 en Afrique de l’Ouest. Toute la région subsaharienne est déstabilisée et le fondamentalisme religieux se développe. Nous devons reconnaître que L’UE ne peut résoudre le problème seule », a-t-il estimé.

« Plus du tiers de mon pays est maintenant sous l’emprise des islamistes. Le pays laïc que j’ai connu n’existe plus », a déploré Assita Kanko (CRE, belge), d'origine burkinabèe. Elle a évoqué « une très bonne coopération avec la France et aujourd'hui une nouvelle colonisation ».

Hannes Heide (S&D autrichien) a parlé de « guerre de Poutine contre les valeurs européennes en Ukraine, mais aussi en Afrique ». Dénonçant « les manifestations massives et les exactions contre les entreprises françaises avant le putsch », il a jugé alarmant que la confiance en l'Europe ait baissé. Selon lui, « la prise d’influence russe échouera uniquement si les gens sur place voient que l’Europe est un partenaire digne de confiance et permet d’avoir une meilleure vie ».

La Française Martine Loiseau (Renew Europe) s'est insurgée « contre les violences inacceptables contre l'ambassade de France, sans que les autorités de fait réagissent », contre le groupe Wagner et contre « la désinformation » que l'UE n'a pas suffisamment contrée. 

Même virulence contre la Russie chez son compatriote François Alfonsi (Verts/ALE), qui a appelé le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) à « coordonner une initiative et les États membres à apporter des moyens d’action, y compris militaires, qui ne soient pas réduits à ceux de la seule armée française ».

« Deux coups d'État au Mali, deux coups d'État au Burkina Faso : c’est vraiment trop facile de dire que tout est la faute des Russes. ll faudrait expliquer pourquoi cette propagande russe, bien réelle, a autant de succès », a rétorqué Marc Botenga (La Gauche, belge), évoquant « une colère populaire profonde » suite à l'intervention militaire en Libye « qui a déstabilisé toute la région » et à l'échec des opérations européennes « de Barkhane à Takuba », une colère « face à l'impact du franc CFA et un néocolonialisme européen ». (Aminata Niang)

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