Dans une résolution d'urgence sur les violations des droits de l'homme en Haïti, adoptée jeudi 6 octobre, le Parlement européen condamne fermement les actes de violence et de destruction perpétrés par quelque 200 gangs et déplore les pillages de denrées alimentaires et fournitures humanitaires ainsi que les attaques contre les travailleurs humanitaires.
Les eurodéputés déplorent que, depuis l’assassinat du président Jovenel Moise, en juillet 2021, les gangs ont acquis un pouvoir considérable et instillé un sentiment omniprésent d’insécurité au sein de la population haïtienne. « Certains de ces gangs entretiendraient des liens avec des acteurs étatiques et des responsables politiques, et menacent de déstabiliser le gouvernement à la faveur de l’avantage qu’ils détiennent sur le plan des ressources et de l’armement », souligne la résolution.
Les députés demandent l'arrêt immédiat de cette criminalité et la fin de l'impunité pour leurs auteurs.
L'UE est invitée à faire usage de son régime de sanctions en matière de droits de l’homme « contre les personnes impliquées, directement ou par leur soutien, dans les actes de violence, les activités criminelles ou les violations des droits de l’homme perpétrés par les gangs, y compris la corruption ».
Le Parlement invite aussi toutes les parties prenantes en Haïti à trouver une solution durable et consensuelle à l’impasse politique actuelle pour permettre la tenue d’élections législatives et présidentielles libres dès que les conditions de sécurité seront réunies.
Voir la résolution : https://aeur.eu/f/3g8 (Aminata Niang)