La Présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne a soumis aux États membres un nouveau projet de conclusions en vue de la 27e conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP27), qui se tiendra à Sharm el Sheikh, en Égypte, du 6 au 18 novembre.
Daté du 30 septembre, le document affirme que le Conseil est prêt à mettre à jour « dès que possible » les ‘contributions déterminées au niveau national’ (CDN) de l’UE et des États membres, conformément au résultat final du paquet législatif de l’UE sur le climat (‘Fit for 55 package’)
Les CDN sont des plans nationaux non contraignants présentant les actions individuelles prévues par chaque pays signataire de l’Accord de Paris en matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES).
Le projet de conclusions invite également toutes les parties, en particulier les principaux émetteurs, à « accroître leurs ambitions à court et à long terme et à renforcer l’action en faveur du climat », notamment en recourant à la tarification du carbone.
Financement climatique
Au volet financement climatique, le texte renouvelle l’engagement de l’UE et ses États membres à continuer à augmenter leur financement destiné à aider les pays peu développés face au changement climatique, afin d’atteindre l’objectif des pays développés de mobiliser au moins 100 milliards de dollars par an dès que possible et jusqu’en 2025.
Il est à noter que les États membres ont déjà adopté des conclusions spécifiques à ce sujet, mardi 4 octobre (EUROPE 13035/22).
Pertes et dommages
Le projet de conclusions souligne en outre que le Conseil est prêt à poursuivre le ‘dialogue de Glasgow’, dont l’objectif est de discuter des modalités de financement des activités visant à éviter et réduire les pertes et les dommages, c’est-à-dire les dégâts causés par le dérèglement climatique qui ne peuvent être évités ni par des actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre ni par l’adaptation.
Il s’agit d’un sujet de frictions entre les pays développés et les pays les moins développés. Alors que ces derniers réclament plus de solidarité à travers des financements spécifiques relatifs aux pertes et aux dommages, l’UE et les États-Unis rejettent l’idée d’un mécanisme de financement dissocié de celui de l’adaptation au changement climatique.
Abordant ce sujet lors de la ‘pré-COP’ organisée à Kinshasa, le vice-président exécutif de la Commission européenne chargé du Pacte vert, Frans Timmermans, a déclaré qu’il espérait un « signal politique fort d’engagement à améliorer l’architecture financière pour éviter et minimiser les pertes et les dommages » lors de la COP27.
Selon lui, cela devrait inclure la reconnaissance de nouvelles initiatives telles que le ‘Bouclier mondial contre les catastrophes et les risques climatiques’ (Global Shield against disaster and climate risks) – un instrument sur lequel se sont engagés les pays du G7 – et l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, sur les systèmes d’alerte précoce.
Le Conseil prévoit d’adopter les conclusions le 24 octobre, lors de la prochaine réunion des ministres européens de l’Environnement.
De leur côté, les eurodéputés ont approuvé un projet de résolution (66 voix pour, 10 contre et 3 abstentions), lundi 3 octobre, en commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen.
Le document appelle l’UE et les nations du G20 à s’engager pour des objectifs de réduction des émissions de GES plus ambitieux avant la COP27 et exhorte tous les pays développés à s’assurer que l’objectif de financement de 100 milliards de dollars soit enfin atteint et que l’argent soit effectivement versé dès 2022.
La résolution sera mise aux voix de l’ensemble des députés lors de la prochaine session plénière du Parlement, du 17 au 20 octobre.
Voir le projet de conclusions du Conseil : https://aeur.eu/f/3fl (Damien Genicot)