Les représentants des principaux groupes politiques du Parlement européen, soutenus par le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, ont appelé, mardi 4 octobre lors d'un débat en session plénière, à l’imposition de sanctions à l’encontre des responsables de la mort de la jeune Iranienne Mahsa Amini, tuée par la police des moeurs, et de la répression des manifestations pacifiques, qui ont fait des dizaines de morts.
« Le Conseil devrait imposer des sanctions fermes contre les violations des droits de l’homme et le faire rapidement », a ainsi demandé le président de la commission des affaires étrangères du PE, David McAllister (PPE, allemand). Pour María Soraya Rodríguez Ramos (Renew Europe, espagnole), « il faut des sanctions, les réactualiser, les élargir, aider le peuple iranien et rendre hommage à ces femmes ». L'UE a déjà des sanctions à l'encontre de l'Iran en lien avec les violations des droits de l'homme.
Le Haut Représentant a annoncé qu’il allait, avec les États membres, envisager des sanctions, estimant que l’UE devait avoir une réaction unitaire. « Avec les États membres, nous allons examiner toutes les mesures à notre disposition, y compris les mesures restrictives, pour réagir à la mort de Mahsa Amini et à la réaction des forces de l’ordre aux manifestations », a prévenu M. Borrell, qualifiant l’usage disproportionné de la force d’ « inacceptable ».
Les députés européens ont apporté leur soutien aux manifestants. Soulignant que ces derniers étaient rassemblés « contre la corruption, la dictature et l’injustice », Manon Aubry (La Gauche, française) a expliqué que la solidarité des Européens ne devait « jamais faiblir ».
Plus largement, la situation des femmes dans le pays a été dénoncée. « En plein 21e siècle, en Iran, il existe une police qui doit vérifier les tenues vestimentaires des femmes et cette police des moeurs a le droit d’interpeller des femmes dont quelques cheveux dépassent du voile », a condamné Iratxe García Pérez (S&D, espagnole). Selon la présidente du groupe S&D au PE, « l’Europe doit réagir et être aux côtés de ces femmes ». « Nos soeurs iraniennes, nous sommes à vos côtés », a-t-elle lancé.
Ernest Urtasun (Verts/ALE, espagnol) a estimé qu’il fallait réagir à toutes les lois qui sont adoptées et contraires à la liberté des femmes. « Cela doit être un développement fondamental dans la relation avec ce pays, le droit de femmes doit être respecté, on ne laissera pas tomber les femmes iraniennes », a-t-il ajouté.
Le Parlement européen votera une résolution sur la mort de Mahsa Amini et la répression des manifestants pour les droits des femmes en Iran, jeudi 6 octobre. (Camille-Cerise Gessant)