Avec le tout premier 'Plan d'action de l'UE pour la jeunesse dans les relations extérieures', adopté mardi 4 octobre, la Commission européenne entend mobiliser les jeunes des pays tiers en faveur de l'agenda des Nations Unies pour le développement durable à l'horizon 2030 et de la double transition - verte et numérique - que l'UE promeut dans le monde entier. Elle espère aussi que l'UE pourra faire de ces jeunes des alliés politiques dans les processus décisionnels, dans les pays respectifs et à l'échelle mondiale.
Ce plan d'action 2022-2030 est énoncé dans une communication conjointe de la Commission européenne et du Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, intitulée 'Promouvoir une participation et une responsabilisation significatives des jeunes dans l'action extérieure de l'UE pour le développement durable, l'égalité et la paix'.
« Face aux défis mondiaux, il faut offrir des perspectives aux jeunes de la planète entière », a estimé la vice-présidente de la Commission responsable de la Démocratie et la Démographie, Dubravka Šuica, en présentant ce plan d'action.
Rappelant que les jeunes entre 10 et 24 ans représentent actuellement 1,8 milliard de personnes dans le monde et jusqu'à 90% de la population dans les pays à faibles revenus ou à revenus intermédiaires, elle a affirmé qu'il sont « le moteur du changement et de l'innovation ». Selon elle, ce plan « répond à leur demande en faveur d'une plus grande participation et inclusion » et sera « capital pour notre aspiration à la solidarité entre générations ».
Selon la commissaire aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, « ce plan a pour objectif d'autonomiser les jeunes, de leur donner une voix et des outils qui leur permettront de façonner l'avenir par des solutions partagées à des défis mondiaux, pour une planète plus verte et plus pacifique. Nous voulons travailler sur des partenariats autour de trois piliers ».
Un partenariat pour s'engager. Il est question ici de faire davantage entendre la voix des jeunes dans les politiques et les décisions. Actuellement, 1,6% seulement des membres des parlements dans le monde ont entre 20 et 30 ans et moins de 12% sont des trentenaires, a souligné Mme Urpilainen.
Un partenariat pour l'autonomisation. L'UE continuera de soutenir la transformation de l'éducation dans le monde entier, notamment par des investissements du Global Gateway, afin d'améliorer l'accès des jeunes aux opportunités économiques, de renforcer la capacité des jeunes à contribuer au développement durable et à conduire les transitions verte et numérique dans le monde ainsi qu'à accéder à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. L'UE continuera à accorder une attention particulière aux enfants et aux jeunes vivant dans des situations de conflit.
Un partenariat pour se connecter. Il s'agira de favoriser les possibilités pour les jeunes de se mettre en réseau et d'échanger dans le monde entier, en réduisant la fracture numérique et les risques liés à la désinformation, selon le texte.
Des initiatives concrètes. Une initiative pour les jeunes et les femmes en démocratie sera lancée, qui bénéficiera de 40 millions d'euros pour soutenir les organisations conduites par des jeunes en faveur de réformes électorales et démocratiques. Il s'agira aussi de donner davantage de moyens aux jeunes et de faire entrer leur voix en politique.
La plupart des délégations de l'UE dans les pays tiers seront, dans les années qui viennent, dotées de structures de conseil à la jeunesse, a annoncé la commissaire.
Est également prévue la création d'un fonds de 10 millions d'euros pour accélérer la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) au niveau local dans les pays partenaires, en mettant l'accent sur l'environnement et le changement climatique et l'inclusion des jeunes vulnérables et marginalisés.
L'an prochain, 25 000 jeunes des pays tiers participeront au programme Erasmus Plus.
En outre, 50 millions d'euros financeront l'Académie de la jeunesse euro-africaine pour les jeunes désireux d'améliorer leurs compétences en matière de leadership et de créer des réseaux d'acteurs du changement en Afrique.
Voir le plan d'action (en anglais) : https://aeur.eu/f/3e3 (Aminata Niang)