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Bulletin Quotidien Europe N° 12944
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Agriculture

Le PE soutient le développement du bio, mais sans l’objectif de 25% d’ici 2030 figurant dans la stratégie ‘de la ferme à la table’

Le Parlement européen s’est prononcé, mardi 3 mai, en faveur d’une hausse de la production biologique, sans toutefois reprendre, dans son évaluation du plan d’action sur le bio, l’objectif de parvenir à 25% de surfaces agricoles en bio dans l’UE d’ici 2030.

Le rapport de Simone Schmiedtbauer (PPE, autrichienne) sur le plan d’action en faveur de la production bio, qui a été adopté à une très large majorité (611 voix pour, 14 contre et 5 abstentions), favorise donc le développement du bio par la loi du marché (EUROPE 12943/8).

L’objectif de 25% de surfaces agricoles consacrées au bio figure dans la stratégie 'de la ferme à la table' présentée par la Commission européenne.

Un groupe d'eurodéputés (des groupes S&D, Verts/ALE, La Gauche) ont présenté un amendement visant à retenir cet objectif de 25% dans le rapport du PE, mais cet amendement a été rejeté en plénière. Les autres amendements mis aux voix, sur le bien-être animal, l’étiquetage nutritionnel ou encore un ‘réseau d’acteurs publics’ participant à l’introduction de produits biologiques dans les cantines publiques, ont également été rejetés par le PE.

Lors du débat, la veille, Herbert Dorfmann (PPE, italien) a rappelé qu’en ce moment, les prix des denrées alimentaires augmentent dans toute l'UE et que de nombreuses familles « se tournent malheureusement vers des produits alimentaires moins chers ». L’évolution positive du marché ces dernières années pour de nombreux produits biologiques « risque de s'effondrer », selon lui. De même, les incitations pour les agriculteurs à se tourner vers les produits bio diminuent également. « Nous devons donc veiller à ce que ce moment difficile ne devienne pas un frein à long terme pour le marché bio », a conclu M. Dorfmann.

Clara Aguilera (S&D, espagnole) a rappelé qu’au cours de la dernière décennie, la production bio dans l’UE a augmenté de 66% pour atteindre 8,5% de la superficie agricole de l’UE. Elle a estimé qu’il y avait « beaucoup d'inégalités entre certaines régions et d'autres et entre certains pays et d'autres ». Pour Mme Aguilera, le développement et la croissance du bio doivent être « liés à l'approche fondée sur le marché ».

La fixation d'un objectif contraignant au niveau de l'UE nécessite une « augmentation significative des dépenses à court terme, ce qui place les États membres dont l'agriculture est moins avancée dans une situation difficile », a souligné pour sa part Zbigniew Kuźmiuk (CRE, polonais).

Anne Sander (PPE, française) a défendu l’approche pragmatique dans le rapport : « Lorsqu’on se fixe des objectifs pour développer la production biologique, il faut surtout s’assurer qu’il y ait un marché en face. Et on voit bien dans un certain nombre de pays membres, dont la France, qu’il y a un véritable problème avec la production biologique, car le coût est plus important ».

Un objectif non contraignant. Le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a précisé que cet objectif de 25% n'est pas un objectif pour les agriculteurs, ni même un objectif qui lie directement les États membres. « Nous voulons encourager ce type d'agriculture par des incitations, par une bonne offre, mais ce n'est pas obligatoire », a-t-il dit en fin de débat en plénière.

Éric Andrieu (S&D, français) a expliqué à la presse, notamment, qu’il eut été « important de fixer quantitativement des objectifs » pour le développement du bio.

Produire mieux. Claude Gruffat (Verts/ALE, français) a déclaré que, contrairement « aux industriels et aux financiers, je pense, comme le commissaire Timmermans, qu’il y a urgence à produire mieux, et certainement pas à produire plus, pour assurer la souveraineté alimentaire de l’Europe comme dans le monde » (EUROPE 12942/6). D’où les amendements déposés afin que le texte final reste « fidèle » aux objectifs du 'Pacte vert européen' et de la stratégie ‘de la ferme à la table'. Parmi ceux-ci, l’objectif de 25% de bio d’ici 2030, un objectif finalement passé sous silence dans le rapport final. (Lionel Changeur)

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