Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a estimé, mardi 5 avril, à la veille d’une réunion ministérielle des Alliés à Bruxelles, les 6 et 7 avril, que la guerre en Ukraine entrait dans une phase cruciale avec le redéploiement des troupes russes.
Estimant que la « résistance farouche » des forces armées ukrainiennes forçait la Russie à changer ses plans, M. Stoltenberg a prévenu que celle-ci retirait ses troupes loin de Kiev « pour se regrouper, se réarmer et se réapprovisionner ».
« Dans les semaines à venir, nous nous attendons à une nouvelle poussée russe dans l'est et le sud de l'Ukraine, pour essayer de prendre tout le Donbass et de créer un pont terrestre vers la Crimée », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse, ajoutant qu’il s’agissait d’une « phase cruciale de la guerre ».
Le secrétaire général a estimé qu’il fallait profiter de ces quelques semaines de redéploiement pour fournir un soutien supplémentaire à l’Ukraine. « Après (ce redéploiement), j’ai peur que nous assistions à une grande offensive dans le Donbass », a-t-il souligné.
Lors de leur réunion, les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN discuteront donc une nouvelle fois du soutien à apporter à l’Ukraine. « Les Alliés sont déterminés à apporter un soutien supplémentaire à l'Ukraine, notamment des armes antichars, des systèmes de défense aérienne », a-t-il expliqué, annonçant de nouveau que l'OTAN cherchera à fournir une aide en matière de cybersécurité et des équipements pour aider l'Ukraine à se protéger contre les menaces chimiques et biologiques.
Jeudi, les ministres des pays alliés recevront leur homologue ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba qui les informera sur les derniers développements, notamment des négociations de Kiev avec Moscou.
Les représentants de la Finlande, la Suède, la Géorgie, l’UE, mais aussi les partenaires dans la région Asie-Pacifique - Australie, Japon, Nouvelle-Zélande et Corée du Sud, rejoindront les Alliés pour discuter de la guerre, « car cette crise a des implications mondiales qui nous concernent tous », selon M. Stoltenberg.
Au-delà de l’Ukraine, les Alliés pourraient décider de renforcer le soutien aux autres partenaires de l'Alliance, qui sont « vulnérables aux menaces et à l'ingérence de la Russie », notamment la Géorgie et la Bosnie-Herzégovine. « En intensifiant notre soutien politique et pratique, nous pouvons aider nos partenaires à renforcer leur résilience et prévenir toute agression future », a estimé le secrétaire général.
Les Alliés pourraient aussi décider d’approfondir la coopération avec les partenaires d'Asie-Pacifique, y compris dans des domaines tels que la maîtrise des armements, la cybernétique, les forces hybrides et la technologie.
Les ministres discuteront également des travaux visant à élaborer le prochain concept stratégique de l'OTAN, qui doit être adopté lors du sommet de Madrid, en juin.
Enfin, les Alliés approuveront la charte de l’'Accélérateur d'innovation de défense pour l'Atlantique Nord' (DIANA), fonds d'innovation d'un milliard d'euros lancé en octobre dernier (EUROPE 12818/7). (Camille-Cerise Gessant)