Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé, mardi 5 avril, qu’il faudrait une meilleure coordination des États membres concernant leurs dépenses de défense.
« Nous devons avoir la capacité programmatique de dire de quelle manière chacun doit se comporter afin d'atteindre un optimum global. Cela ne doit pas être la somme des optimums locaux et c'est là la difficulté de l’exercice », a-t-il expliqué lors d’un exercice de questions/réponses en session plénière du Parlement européen.
M. Borrell a expliqué qu’il fallait éviter les chevauchements et combler les lacunes.
La Commission européenne et l’Agence européenne de la Défense (EDA) doivent présenter, fin mai – pour l’instant la date retenue est le 25 mai – une analyse des faiblesses des États membres en termes de défense, avec pour objectif de faire converger les différences.
« Il serait intéressant d’avoir un certain nombre de lignes directrices pour avoir une coordination optimale des dépenses de défense », a insisté M. Borrell.
« Nous n’avons que très peu de temps pour agir, pour établir les plans de développement que chaque pays devra suivre pour que le plan de coordination puisse déboucher sur un meilleur usage des ressources », a-t-il mis en garde.
Interrogé par Tom Vanderkendelaere (PPE, belge) sur les propositions que pourraient faire la Commission et l’EDA, le Haut Représentant a expliqué qu’elles ne devraient pas être « entièrement novatrices ». Il a précisé que le dernier examen annuel coordonné en matière de défense (Coordinated Annual Review on Defence - CARD) donnait des indications. Le nouveau CARD est attendu dans les prochains mois.
M. Borrell a cité quelques domaines dans lesquels les États membres ont des lacunes, telles que les drones, les avions de ravitaillement en vol ou les armes antichars et antiaériennes portables. « Il y a beaucoup à faire dans ces secteurs », a-t-il estimé.
Par ailleurs, interrogé par plusieurs députés européens sur la coopération entre l’UE et l’OTAN, M. Borrell a reconnu qu’il n’y avait pas encore d’accord sur la nouvelle déclaration conjointe entre les deux organisations qui pourrait être adoptée lors du sommet de l’OTAN, à Madrid fin juin. « Le diable se cache dans les détails, et, au moment d’élaborer la déclaration conjointe, nous avons trouvé des détails qui nous obligent à affiner nos positions », a-t-il expliqué. (Camille-Cerise Gessant)