Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a indiqué, mardi 15 mars, que le Conseil 'Écofin' avait identifié « une stratégie économique commune » pour répondre à l'impact sur l'Union européenne de l'invasion russe en Ukraine, agression militaire qui entraîne une forte incertitude et « une forte augmentation des prix des matières premières » et de « certains produits alimentaires ».
Selon M. Le Maire, cette réponse coordonnée au niveau européen comprend trois volets : - « un soutien à tous les ménages » touchés par la flambée des prix des carburants, notamment à travers des rabais sur les prix à la pompe ; - « un soutien aux entreprises les plus touchées » par l'envolée des prix du gaz et/ou les plus exposées au marché russe ; - l'« indépendance énergétique » de l'UE vis-à-vis de la Russie à bâtir le plus rapidement possible par le biais d'une diversification des approvisionnements, la constitution de stocks stratégiques et une accélération des investissements dans les énergies renouvelables.
Sur le soutien direct aux entreprises, le président en exercice du Conseil 'Écofin' a cité trois mesures mises en avant par la vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager : « des prêts garantis par l'État, des aides directes pour les entreprises qui consomment beaucoup d'énergie, des prêts à taux réduits pour financer le fonds de roulement des entreprises » (EUROPE 12908/4).
Conformément à la séquence définie par le sommet de Versailles (EUROPE 12909/1), les ministres n'ont pas évoqué, à ce stade, l'opportunité de créer un mécanisme financier européen pour atténuer l'impact économique dans l'UE de la guerre en Ukraine.
Le vice-président exécutif de la Commission, Valdis Dombrovskis, a rappelé que, dans le cadre du Plan de relance européen Next Generation EU, « une enveloppe de 200 milliards d'euros sous forme de prêts demeure disponible jusqu'en août 2023 ».
D'après lui, ces prêts, dont la répartition par État membre avait été arrêtée en septembre 2020 (EUROPE 12562/12), peuvent servir à renforcer la résilience de l'UE en réduisant sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures russes et en accélérant les investissements dans les énergies renouvelables.
M. Dombrovskis a aussi souligné que les États membres pouvaient prendre des mesures budgétaires en 2022, les règles du Pacte de stabilité et de croissance demeurant gelées cette année. Sur la base de ses prévisions économiques de printemps, la Commission dira en mai si elle confirme, ou infirme, la désactivation, début 2023, de la clause dérogatoire générale du Pacte de stabilité. (Mathieu Bion)