Les députés membres de la commission des transports (‘TRAN’) du Parlement européen ont débattu, mardi 15 mars, des défis et enjeux inhérents à la révision et à l’adaptation du réseau transeuropéen de transports (RTE-T) en 2030 et au-delà (EUROPE 12875/11).
« Il y a un dénominateur commun : contrairement à d’autres propositions dont nous sommes saisis, nous avons une évolution naturelle de l’ensemble du projet qui est soutenue par tout le monde. Ces fondations solides nous permettront de trouver une issue rapide tout en résolvant certaines problématiques soulevées », a estimé Barbara Thaler (PPE, autrichienne), dans la foulée de l’intervention de plusieurs experts du secteur de la mobilité.
« Toutefois », a-t-elle ajouté, « le règlement actuel ne donne que des pouvoirs limités à la Commission pour veiller sur le fait que les États membres mettent en place les mesures nécessaires » afin d'atteindre les objectifs fixés tant par la révision du RTE-T que par le paquet ‘Fit for 55’ (EUROPE 12759/2).
« Le PPE ne veut pas renverser la table, nous voudrions que la Commission ait des contacts plus pertinents avec les États membres », a-t-elle précisé.
Du côté du groupe Renew Europe, l’eurodéputé français Dominique Riquet souscrit à cette analyse. « Nous avançons avec retard. L’initiative revient aux États membres qui, eux, font des choix dans la carte et priorisent les considérations à court terme pour les électeurs. Nous avons du mal à coordonner le transfrontalier », a-t-il déclaré.
Pour pallier cela, M Riquet a également plaidé pour subordonner certains mécanismes de financement européens à l’état d’avancement des projets liés au RTE-T.
Outre, également, un renforcement du rôle de coordinateur du RTE-T, l’eurodéputé français a également insisté sur l’importance du transport ferroviaire. En la matière, a-t-il jugé, « les budgets sont largement insuffisants et des problèmes demeurent sur les choix réalisés ».
« La multimodalité sera la clef pour l’avenir. Il est important de mettre l’accent sur le ferroviaire », a ajouté Mario Furore (NI, italien).
Par ailleurs, une partie des échanges des eurodéputés s’est également concentrée sur la partie maritime et fluviale dans le cadre de la révision et de l’adaptation du RTE-T. Certains eurodéputés, à l’instar d' Elsi Katainen (Renew Europe, finlandaise), ont appelé à garder à l’esprit la « valeur ajoutée pour les ports sans penser uniquement en termes de volumes ». D’autres, comme Colm Markey (PPE, irlandais), ont émis l’idée d’intégrer des critères incluant l’éolien offshore dans la question de la capacité des ports.
Pour rappel, la Commission prévoit de compléter le réseau central d’ici 2030, le RTE-T étendu d’ici 2040, puis l’achèvement du RTE-T global d’ici 2050. « Beaucoup d’États membres voient leur capacité financière altérée. Il y a aussi la question du contexte sécuritaire et des problèmes qui vont se poser. Il va falloir faire des miracles », a conclu Dominique Riquet. (Thomas Mangin)