La commissaire européenne aux Transports, Adina Vălean, a présenté aux membres de la commission des transports du Parlement européen, lundi 24 janvier, les propositions du paquet ‘Hiver’, qui vise à soutenir une transition vers des transports plus propres et plus durables (EUROPE 12853/4).
« Notre système de transports doit être mis à jour avec le renforcement du ferroviaire longue distance et transfrontalier, le réseau transeuropéen de transports (RTE-T), les systèmes de transports intelligents et le développement d’une mobilité urbaine plus simple et accessible », a déclaré Mme Vălean.
Concernant le ferroviaire, la commissaire aux Transports a tout d’abord insisté sur la nécessité, pour favoriser le report modal, de rendre ce mode de transport plus attractif. Pour ce faire, de nouvelles normes de vitesse règlementaires sont notamment prévues, avec des trains de passagers roulant à 160 km/h et des trains de marchandises se déplaçant à 100 km/h.
La commission entend également travailler sur l’interopérabilité, notamment en mettant à jour les règles et panneaux de signalisation nationaux jugés « dépassés ».
« Certaines règles sont redondantes. Mais le secteur est aussi confronté à la flambée des prix, certains opérateurs reviennent aux locomotives 'diesel'. En se basant sur plusieurs indicateurs majeurs, le ferroviaire est battu par le transport par route. Le transfert modal n’aura jamais lieu sans cadre qui permette une concurrence transparente », a mis en garde Barbara Thaler (PPE, autrichienne).
RTE-T et mobilité urbaine
Au chapitre du RTE-T, la commission a également rappelé ses objectifs qui prévoient, entre autres, une cartographie détaillée du réseau, son extension et l'achèvement des parties définies comme cruciales d’ici 2040, avant sa finalisation complète en 2050.
Sur la question de savoir si, comme pour le ferroviaire, les propositions ont été favorablement accueillies, plusieurs voix se sont fait entendre pour souligner les défis auxquels il faudra faire face.
« Il s’agit de bonnes mesures, mais l’initiative, la clé de financement initiale ou la capacité d’ordonner les travaux appartiennent toujours aux États membres. Mais ceux-ci privilégient leurs infrastructures à usage national. Comment forcer - un peu - la main aux États dans un système où ils déterminent l’organisation globale que nous cofinançons ? », a interrogé Dominique Riquet (Renew Europe, français).
Enfin, outre les systèmes de transports intelligents pour lesquels la Commission souhaite notamment améliorer le partage de données, rendre plus accessibles les données pour la sécurité routière ou mettre en place des infrastructures de parking plus sûres, les échanges se sont également concentrés en partie sur la mobilité urbaine.
En la matière, une nouvelle stratégie sera mise en place dans 420 villes de l’UE afin de placer au cœur du processus les transports en commun et de rendre les modes de transports plus modernes, résilients et durables.
« Je suis inquiet que certaines franges de la population, les plus vulnérables, soient laissées pour compte dans le cadre de la mobilité urbaine », a souligné M. Riquet.
L’eurodéputé Ciarán Cuffe (Les Verts/ALE, irlandais) estime que le travail devrait également se focaliser sur la vitesse en matière de mobilité urbaine. « Les zones limitées à 30 km/h améliorent la qualité de l’air, sauvent des vies. Pourquoi n’y a-t-il aucune recommandation sur ce sujet ? La place du vélo devrait aussi être reprise dans le texte. Il reste encore beaucoup à faire pour lutter contre le changement climatique », a-t-il conclu.
Ces différentes mesures de la Commission européenne nécessiteront un investissement de 247 milliards d’euros d’ici à 2050 et devraient déboucher, in fine, sur la création de 840 000 nouveaux emplois, a indiqué Mme Vălean. (Thomas Mangin)