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Bulletin Quotidien Europe N° 12853
POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

La Commission européenne dévoile les quatre piliers de sa stratégie pour une mobilité verte et efficace

La Commission européenne a présenté, mardi 14 décembre, un ensemble de quatre propositions dans le domaine des transports visant à contribuer au développement d’une mobilité « efficace et verte » et de favoriser la transition équitable vers la neutralité climatique.

« La transition verte et numérique de l'Europe entraînera de grands changements dans nos modes de déplacement. Les propositions d'aujourd'hui mettent la mobilité européenne sur la voie d'un avenir durable », a déclaré le vice-président exécutif de la Commission européenne, Frans Timmermans.

« La révolution sera sociale ou ne sera pas. Cela ne sera pas facile, mais nous devons nous assurer que personne ne reste au bord de la route », a-t-il ajouté.

Dans le détail, la Commission entend tout d’abord s’attaquer au fait de compléter - et d’achever - le réseau transeuropéen de transports (RTE-T). Ainsi, la Commission propose, dans le but de favoriser le report modal vers le secteur ferroviaire, d’exiger que les trains de passagers circulent à une vitesse d’au moins 160 km/h sur les principales lignes du RTE-T d’ici 2040. Les trains de marchandises verraient, eux, la barre être fixée à 100 km/h.

Le nombre de terminaux de transbordement devrait être augmenté et neuf nouveaux corridors de transport, intégrant le rail, la route et les voies navigables, seraient créés, parmi lesquels une nouvelle connexion entre la mer du Nord et la mer Baltique et l’extension du réseau de trains à grande vitesse (TGV) vers le nord et le sud de l’UE. 

En outre, un délai intermédiaire est également établi à l’horizon 2040 pour l’achèvement de parties importantes du RTE-T ne pouvant pas attendre l’échéance fixée en 2050, à l’image des liaisons ferroviaires entre Budapest et Bucarest ou entre Porto et Vigo.

« Nous voulons rendre les déplacements dans l'UE plus efficaces et plus sûrs pour les conducteurs, les passagers et les entreprises. Les villes reliées par les infrastructures de l'UE sont nos moteurs économiques, mais elles doivent aussi être des villes allégées pour les habitants et les navetteurs », a souligné la commissaire aux transports, Adina Vălean.

Simplifier le transport ferroviaire à longue distance et transfrontalier

Par ailleurs, la Commission a également présenté son plan d’action sur le transport ferroviaire longue distance et transfrontalier. Cette feuille de route doit permettre d’atteindre les objectifs de l’UE, qui l’incitent à doubler le trafic ferroviaire â grande vitesse d’ici 2030 et à le tripler d’ici 2050.

Partant du constat que seuls 7% des kilomètres ferroviaires parcourus par les passagers entre 2001 et 2018 étaient transfrontaliers, la Commission souhaite encourager le recours au train en supprimant les obstacles existants pour les passagers.

Ainsi, une proposition législative verra le jour en 2022 pour développer des systèmes de billetterie multimodale et « conviviale ». Dans la même dynamique, la proposition de la Commission vise à rendre le train plus attractif en soutenant les passagers faisant face à des perturbations et en travaillant sur la question des prix. La Commission s’est, à ce titre, engagée à réfléchir à une exemption de TVA, à l’échelle européenne, pour les billets de train.

Enfin, il sera également question de simplifier la structure règlementaire en abrogeant les règles techniques et opérationnelles redondantes au sein des États membres et de l’UE.

Au-delà du transport ferroviaire, la Commission a également présenté sa stratégie pour s’adapter à l’émergence de nouveaux moyens en matière de sécurité routière, d’applications de mobilité ou de mobilité connectée.

La Commission a annoncé, dans le but de stimuler le déploiement de nouveaux services intelligents, sa volonté de réviser la directive sur les systèmes de transport intelligent (STI) (2010/40/UE), qui introduisait des normes et des spécifications communes en vue de mettre en place des services STI interopérables et intelligents.

Un plan de mobilité durable pour les grandes villes de l'UE

Enfin, le quatrième pilier de ce paquet ‘mobilité’ porte sur la mobilité urbaine. Dans ce domaine, l’accent sera mis sur les transports publics, la marche et le vélo. Une recommandation sera proposée aux États membres de l’UE pour l’élaboration de plans nationaux visant à aider les villes à développer un plan de mobilité, a annoncé la Commission.

L’obligation de présenter un plan de mobilité concernera quelque 424 grandes villes situées le long du RTE-T. « Près de 70% des Européens vivent en ville et génèrent plus de 20% des émissions dans le secteur des transports », a résumé M. Timmermans.

Toujours au chapitre de la mobilité urbaine, la proposition de la Commission souhaite également pousser les États membres à réfléchir à une stratégie de mobilité urbaine concernant la logistique.

« Nous savons que les livraisons ont augmenté, cela implique donc plus de pollution. Il faut réfléchir à une logistique durable et à un partage des données entre parties prenantes », a insisté Mme Vălean.

Tout cela aura un coût. Pour le moment, la commissaire aux Transports a annoncé que 247 milliards d’euros supplémentaires seraient nécessaires. « On s’attend à un PIB de 467 milliards d’euros, de nouveaux emplois et la réduction de certains coûts avec la diminution des émissions et des embouteillages », a-t-elle détaillé.

« Certains secteurs fleuriront et généreront des emplois, d’autres en perdront. Il n’y aura pas de transferts automatiques des emplois d’un secteur à l’autre pour les chômeurs. Il faudra prendre la dimension sectorielle et régionale en compte », a conclu le commissaire à l'emploi et aux droits sociaux Nicolas Schmit. (Thomas Mangin)

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