Contrairement à l’an dernier, les ministres des Affaires européennes des États membres de l'UE ont réussi, mardi 14 décembre, à se mettre d’accord sur les messages à adresser aux pays candidats et candidats potentiels à l’adhésion à l’UE : Monténégro (voir autre nouvelle), Serbie (voir autre nouvelle), Turquie, Macédoine du Nord, Albanie, Bosnie-Herzégovine et Kosovo.
En début de journée, la Présidence slovène du Conseil de l'UE avait présenté un nouveau projet de texte, qui a fait l’objet de plusieurs objections, avant de réussir, en dernière minute, à obtenir un consensus sur un texte de 29 pages. Une source européenne a qualifié cet accord de « miracle ».
Dans les conclusions, le Conseil réaffirme son engagement envers la politique d’élargissement, « qui reste une politique essentielle de l’UE » et le « soutien sans équivoque de l’UE à la perspective européenne des Balkans occidentaux ».
Comme attendu, les ministres ne se sont pas mis d'accord pour ouvrir officiellement les négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du Nord. Saluant la « détermination constante » des deux pays à faire progresser leurs programmes de réformes de l'UE, le Conseil se contente de préciser qu’il attend « avec intérêt la tenue des premières conférences intergouvernementales avec la République de Macédoine du Nord et avec l'Albanie dès que possible, après l'approbation des cadres de négociation par le Conseil ».
Le secrétaire d’État slovène Gašper Dovžan s’est cependant montré optimiste quant à une prochaine approbation, avec la formation d’un nouveau gouvernement en Bulgarie. « Nous pensons qu’il sera possible de continuer sur la trajectoire dessinée aussi tôt que possible », a-t-il expliqué aux médias.
Par ailleurs, malgré les difficultés dans les relations bilatérales et des négociations d’adhésion « au point mort », le Conseil rappelle que la Turquie reste un pays candidat et un partenaire essentiel dans de nombreux domaines d'intérêt commun.
D’un point de vue général, le Conseil souligne l’urgence pour les pays candidats et candidats potentiels de se concentrer sur les réformes fondamentales afin de remédier à un certain nombre de « lacunes structurelles persistantes » dans les domaines de l'État de droit, des droits fondamentaux, du renforcement des institutions démocratiques et de la réforme de l'administration publique, et sur les critères économiques. « Des bilans solides et soutenus de la mise en œuvre des réformes et des résultats concrets et tangibles dans ces domaines cruciaux restent essentiels, notamment pour déterminer le rythme global des négociations d'adhésion », rappelle le Conseil.
Voir les conclusions, qui reviennent aussi sur la situation de chaque pays : https://bit.ly/3F2yzy4 (Camille-Cerise Gessant)