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Bulletin Quotidien Europe N° 12853
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INSTITUTIONNEL / Parlement europÉen

Les sociaux-démocrates ne nomment pas de candidat à la présidence du PE

La question d'une éventuelle candidature sociale-démocrate à la présidence du Parlement européen pour la deuxième moitié de la législature 2019-2024 a dominé la journée politique du Parlement, mardi 14 décembre à Strasbourg.

Réuni en fin de soirée, le groupe S&D a finalement décidé de ne pas présenter de candidat. Le président sortant, David Sassoli, qui avait un temps souhaité aller au combat, a finalement fait un pas de côté au nom de la majorité pro-européenne au Parlement qui soutient la Commission 'von der Leyen'.

« Je ne veux pas détruire le front européen. Pour cette raison, je ne suis pas disponible », aurait-il indiqué aux élus sociaux-démocrates. Il aurait néanmoins fait remarquer qu'une partie du groupe Renew Europe demande aux sociaux-démocrates de présenter une candidature.

La présidente du groupe S&D, l'Espagnole Iratxe García Pérez a fait état des discussions exploratoires qu'elle a menées avec les autres groupes politiques pour tester les chances d'une candidature sociale-démocrate d'aboutir. Elle aurait indiqué qu'il n'existe pas, à ce stade de majorité alternative pour soutenir une telle candidature.

Mardi soir, aucun nom alternatif à M. Sassoli n'aurait été testé lors de la réunion du groupe.

À la mi-journée, la socialiste française Sylvie Guillaume avait indiqué que l'argument de la vigueur renouvelée de la sociale-démocratie en Europe, matérialisée par l'arrivée au pouvoir d'Olaf Scholz en Allemagne, s'était « heurté » au refus des partenaires potentiels du groupe S&D. Ceux-ci ont « fermé assez vite la porte à l'hypothèse de maintenir un ou une social(e)-démocrate à la tête du Parlement européen », avait-elle noté, faisant état de discussions « subalternes » déjà engagées sur les postes à répartir au sein de l'institution européenne.

Et d'ajouter avec une pointe de regret : « On n'a pas envie de dégrader une image où les sociaux-démocrates reprennent du poil de la bête en se heurtant à un vote où on perdrait le Parlement européen ».

Le groupe PPE uni derrière Roberta Metsola. Les chrétiens-démocrates maintiennent leur ligne politique. Faisant valoir leur loyauté vis-à-vis de l'accord informel de juillet 2019 selon lequel les groupes S&D et PPE se partageraient la présidence du PE (EUROPE 12287/1), ils estiment que l'heure est venue pour leur candidate, la Maltaise Roberta Metsola, de prendre les rênes de l'assemblée.

« Nous sommes unis » derrière Roberta Metsola, dont la candidature est « convaincante » et « symbolique » et qui est prête à représenter « toute l'institution », a souligné le président du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber. Selon lui, « il ne serait pas sage de démarrer l'année 2022 avec un conflit politique au niveau européen », qui provoquerait une scission au sein des forces pro-européennes.

Circule au sein du PE un document, dont EUROPE a eu copie, qui liste une dizaine de dispositions de résolutions du PE de la présente législature et évoquant le droit à l'avortement ainsi que les droits sexuels et reproductifs contre lesquelles Mme Metsola aurait voté. 

Le groupe Renew Europe pose ses conditions. Mardi après-midi, le président du groupe Renew Europe, le Français Stéphane Séjourné, avait souhaité que la situation se décante rapidement, chose possible dès que les sociaux-démocrates auraient arrêté leur stratégie.

Il a rappelé les conditions fixées pour soutenir le candidat d'une famille politique pro-européenne à la tête du PE : - l'élaboration d'une « liste de réformes prioritaires, institutionnelles aussi, pour les deux ans à venir », telles que la création de listes transnationales de candidats aux élections européennes de 2024 et d'un droit d’initiative pour le PE ; - l'audition uniquement des candidats pro-européens, comme ce fut déjà le cas avec Mme Metsola, qui avait notamment été questionnée sur sa position anti-avortement (EUROPE 12849/14) ; - le maintien des présidences de commission parlementaire déjà assumées par le groupe de centre droit.

« Ces trois conditions sont nécessaires pour avoir un aval total de mon groupe », a insisté M. Séjourné. « Si les conditions son réunies, évidemment, on respectera le 'deal' » de juillet 2019, a-t-il ajouté, faisant toutefois remarquer que les conditions préalables posées n’incluent pas un tel accord.

Au sein du groupe parlementaire, on s'inquiétait, mardi, du fait que, tant que la position des sociaux-démocrates n'était pas officiellement connue, le groupe Renew Europe n'était pas l'interlocuteur principal des chrétiens-démocrates.

« L'hypothèse d'une candidature féminine sociale-démocrate inquiète le PPE », faisait-on valoir.

Plus tôt dans la journée, la délégation française Renaissance du groupe Renew Europe s'était réunie pour évoquer la candidature de Mme Metsola. Bernard Guetta a notamment réitéré son opposition à une candidature ne respectant pas le libre choix des femmes en matière d'avortement. La délégation française n'a pas arrêté de position commune sur la question d'un soutien à Mme Metsola.

Le groupe Verts/ALE entretient le suspense. Le groupe écologiste et régionaliste au Parlement européen n'a pas encore décidé s'il présenterait une candidature à la présidence du PE. Et une telle décision ne devrait pas intervenir avant « janvier », a indiqué le Français David Cormand, mardi matin.

Selon lui, le groupe Verts/ALE souhaiterait « construire une majorité progressiste » pour « sortir le PPE de la coalition majoritaire ». Mais « le blocage vient du fait que le groupe S&D ne fait pas le 'job' pour construire une majorité alternative », a-t-il commenté, convaincu qu'« une fenêtre de tir » existe bel et bien.

Le groupe La Gauche focalisé sur sa candidature. Mardi matin, l'Espagnole Sira Rego a fait abstraction des tractations informelles entre les principaux groupes politiques du PE pour se concentrer sur les propositions que met en avant la gauche radicale pour réformer l'Europe, parmi lesquelles : garantir une transition climatique socialement juste, faire barrage à l'extrême droite et défendre le féminisme avec vigueur.

Sur ce point, Mme Rego a estimé que la présence de femmes à des postes clés ne garantit pas nécessairement que des politiques féministes soient menées. Et « le PPE ne s’est pas caractérisé par des valeurs féministes. Au contraire, il défend des valeurs très conservatrices », a-t-elle appuyé.

La coprésidente du groupe La Gauche, la Française Manon Aubry, a, quant à elle, fait état d'« échanges » avec les groupes S&D et Verts/ALE, « y compris pour essayer de former un bloc de gauche dans ce Parlement ». « Je crois qu’aujourd’hui, ni les Verts ni les socialistes n’ont fait un choix clair. Vont-ils privilégier des accords entre amis, quitte à faire fi des désaccords politiques ? Ou sont-ils prêts à créer une majorité de progrès dans ce Parlement européen ? », s'est-elle interrogée. (Mathieu Bion avec la rédaction)

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