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Bulletin Quotidien Europe N° 12853
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Femmes

Le Parlement européen réclame une définition juridique et une prévention commune de la cyberviolence fondée sur le genre

À l’approche de la présentation, par la Commission européenne, d’un projet de directive visant à lutter contre les violences de genre, le Parlement européen entend attirer l’attention sur une forme de violence en particulier, de plus en plus répandue, notamment à l’égard des femmes : la cyberviolence fondée sur le genre.

Un rapport d’initiative sur le sujet, porté par la Polonaise Sylwia Spurek (Verts/ALE) et la Grecque Elissavet Vozemberg‑Vrionidi (PPE), a été débattu lundi 13 décembre et adopté mardi 14, par 513 voix pour, 122 contre et 58 abstentions.

Sept femmes sur dix ont été victimes de cyberharcèlement, selon l’Institut européen pour l’égalité de genre. « Les jeunes femmes et les filles, en particulier, sont victimes d’actes de cyberviolence commis au moyen des nouvelles technologies, notamment de cyberharcèlement et de cyberprédation sous forme de menaces de viol, de menaces de mort, de tentatives de piratage et de publication d’informations et de photos privées », détaille le rapport du Parlement.

Lundi, en plénière, Sylwia Spurek a ouvert son intervention en égrenant des exemples de commentaires reçus « quotidiennement », par message, sur les réseaux sociaux : « ‘C'est dommage que votre mère n'ait pas avorté. La Pologne serait plus belle sans un tel parasite. Vous mériteriez que l’on vous rase la tête, espèce de créature dégoûtante. […] Si je vous rencontre un jour, je vous cracherai au visage avec plaisir’... Et j'ai choisi les plus délicats, pour ne pas vous offenser », a indiqué la députée à ses collègues.

Les chiffres du cyberharcèlement, a-t-elle poursuivi, sont particulièrement élevés pour les femmes politiques, les militantes, les journalistes et toutes celles qui participent ou tentent de participer au débat public en ligne.

« La cyberviolence fondée sur le genre est un défi posé par la modernité. Mais elle n'est, par ailleurs, rien d’autre que le nouveau visage d'un vieil ennemi bien connu : la violence contre les femmes », a déclaré Mme Spurek.

Une position partagée par Elissavet Vozemberg‑Vrionidi, qui a insisté sur la nécessité de prévenir et de sanctionner ces violences spécifiques, mais également de s’attaquer aux stéréotypes sexistes à l’origine des cyberviolences.

« Nous parlons d’une violation grave des droits humains », a-t-elle poursuivi, appelant à ce que « ce type d’acte soit pris en considération dans le Code pénal des États membres ». À l’heure actuelle, 15 États membres ne tiennent pas compte de l’identité de genre dans leur législation sur les discours de haine, indique le rapport.

Afin de faire face à ces violences, le Parlement réclame donc une définition juridique commune de la cyberviolence fondée sur le genre.

Il plaide également pour un niveau minimal de protection et de réparation pour les victimes, ainsi que la mise en place dans l’UE de sanctions dédiées, conformes aux normes fixées par la Convention d’Istanbul (EUROPE 12609/5).

Pour consulter le texte adopté : XXX (Agathe Cherki)

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