Les ministres des Finances des pays de la zone euro évalueront, vendredi 25 février à Paris, les risques que la crise russo-ukrainienne pourrait faire peser sur l'économie de l'Eurozone, notamment en termes d'inflation.
Lors de son tour d'horizon habituel sur la situation macroéconomique, l'Eurogroupe devrait rappeler que les fondamentaux restent solides, malgré un ralentissement de la croissance observé en raison de l'impact du variant Omicron du virus responsable de la pandémie.
Dans ses prévisions économiques d'hiver, la Commission européenne a révisé légèrement à la baisse - de 4,3 à 4,0% du PIB - ses prévisions de croissance économique pour la zone euro et l'UE (EUROPE 12888/5).
L'« optimisme prudent » prédomine malgré d'« importants vents contraires », a noté une source européenne, mardi 22 février, citant la flambée de l'inflation (confirmée à 5,1% en janvier) et une demande supérieure à l'offre, deux tendances qui « durent plus longtemps que prévu ». Selon cette source, l'orientation budgétaire modérément expansionniste préconisée par les Dix-neuf pour 2022 (1% du PIB contre 1,75% en 2021) demeure appropriée (EUROPE 12871/25).
Interrogée sur l'impact des tensions géopolitiques à l'est de l'Ukraine alors que l'Allemagne a stoppé la certification du gazoduc Nord Stream 2 (EUROPE 12896/2), cette source a évoqué des répercussions possibles sur les prix énergétiques et in fine sur l'inflation, qui a déjà atteint des niveaux record.
En revanche, l'Eurogroupe ne débattra pas, vendredi, de l'orientation budgétaire appropriée pour 2023. Cette discussion est renvoyée au lundi 14 mars, après que la Commission aura présenté ses propositions, la semaine prochaine.
Cadre de gouvernance économique. Les ministres débattront par ailleurs, dans le cadre de la révision du cadre européen de gouvernance économique, des procédures pour déséquilibres macroéconomiques excessifs qui peuvent, pour les pays de la zone euro, aboutir à des sanctions.
En novembre denier, la Commission avait estimé que des bilans approfondis dans ce domaine étaient justifiés pour douze États membres : la Croatie, Chypre, la France, l'Allemagne, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie, l'Espagne et la Suède (EUROPE 12839/1). Au sein de ce groupe, Chypre, la Grèce et l'Italie présentent des déséquilibres excessifs.
Les ministres parleront de la prévisibilité de la procédure pour déséquilibres macroéconomiques excessifs, de l'opportunité d'intégrer de nouveaux risques, tels que le dérèglement climatique, dans les analyses effectuées.
Grèce. L'Eurogroupe devrait, par ailleurs, soutenir la demande de la Grèce de rembourser de façon anticipée ses prêts contractés auprès du FMI et d'un fonds spécifique créé en 2010.
Mardi, le conseil d'administration de la Facilité FESF, le fonds de sauvetage ayant précédé le Mécanisme européen de stabilité (MES), a annoncé la concrétisation d'un sixième allègement de la dette publique grecque de 767 millions d'euros (EUROPE 12896/29), à la faveur d'une appréciation positive de l'Eurogroupe sur les efforts budgétaires et de réformes fournis par Athènes.
Euro numérique. Les ministres poursuivront leurs discussions sur l'opportunité de mettre sur pied un euro numérique (EUROPE 12762/17).
La Commission initiera prochainement une consultation publique sur la question, en vue d'une proposition législative ciblée programmée pour 2023.
Enfin, l'Eurogroupe approuvera la reconduction pour un mandat de deux ans du Finlandais Tuomas Saarenheimo à la présidence du groupe de travail Eurogroupe. (Mathieu Bion)